Accusations de trahison et saisine du chef de l’État : les coulisses de la cohabitation forcée au sommet de la Fédération sénégalaise

Les réunions du Comité exécutif (COMEX) de la Fédération sénégalaise de football (FSF) traversent une période de fortes turbulences dans le sillage de la Coupe d’Afrique des Nations. Les conséquences de la dernière campagne électorale obligent aujourd’hui trois camps rivaux à siéger ensemble, générant des frictions directes sur la gestion des dossiers stratégiques.

Selon les éléments relayés par DS Sports, la cohabitation entre les factions d’Abdoulaye Fall, de Me Augustin Senghor et de Mady Touré s’avère complexe. Les affrontements qui ont rythmé la période électorale laissent des traces palpables dans le fonctionnement quotidien de l’instance dirigeante, où les acteurs peinent à s’accorder sur une direction commune.

Une fracture notable oppose l’actuel secrétaire général, Abdoulaye Seydou Sow, au quatrième vice-président, Amadou Kane. Ce dernier, patron de l’ONCAV, revendique une légitimité issue de son élection par le mouvement navétane. Il conteste l’autorité du secrétaire général, qu’il considère illégitime car nommé à ce poste par le président après un échec à la présidence de la Ligue professionnelle. Sur le plan purement politique, Amadou Kane reproche également à Abdoulaye Seydou Sow, historiquement proche de Me Senghor, d’avoir rejoint le camp d’Abdoulaye Fall.

La méfiance s’étend aux initiatives individuelles. DS Sports indique que la démarche d’Abdoulaye Cissé, qui a directement saisi le président de la République concernant la question des distinctions post-CAN, est interprétée par ses collaborateurs comme une manœuvre de déstabilisation. Pour ses détracteurs, cette action visait à exposer publiquement les divisions internes autour de la gestion des retombées du sacre continental.

Au milieu de ces luttes d’influence, la position de Babacar Ndiaye, premier vice-président de la FSF et président de la Ligue sénégalaise de football professionnel (LSFP), se retrouve fragilisée. Issu du camp de Mady Touré — lequel conteste toujours les résultats électoraux devant le Tribunal arbitral du sport —, il serait écarté de plusieurs décisions majeures. Une nouvelle orientation portée par le duo composé d’Abdoulaye Fall et d’Abdoulaye Seydou Sow consisterait à pousser la Ligue professionnelle vers l’autofinancement, en lui transférant notamment la charge financière des frais d’arbitrage.

Face à cette structuration fragmentée, l’ancien candidat Aliou Goloko avait suggéré une réforme du mode de scrutin lors de la campagne. Son projet visait à instaurer des élections par listes complètes pour garantir à chaque président élu une équipe homogène sur un mandat de quatre ans. Cette proposition se heurte toutefois à une volonté de maintenir le système actuel, d’autant que des premières dissensions commencent déjà à apparaître au sein même du camp d’Abdoulaye Fall, illustrant la fragilité des alliances au sommet du football sénégalais.

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