Afrique du Sud : pourquoi l’élimination des Bafana Bafana a été fêtée ailleurs en Afrique

Fin juin 2026, l’élimination de l’Afrique du Sud au Mondial a déclenché, sur les réseaux sociaux africains, une vague de moqueries plutôt qu’un soutien continental. Des messages relayés de Lagos à Nairobi ont accompagné la sortie des Bafana Bafana, alors que beaucoup attendaient une solidarité plus classique autour du dernier représentant africain concerné par ce débat.

Ce rejet dépasse le cadre du football, car il s’appuie sur une crise xénophobe décrite comme particulièrement tendue en Afrique du Sud. Le pays est secoué, depuis avril et mai 2026, par des actions menées par un mouvement baptisé « March and March », dirigé par Jacinta Ngobese-Zuma. Dans ce contexte, des groupes anti-immigration ont fixé un ultimatum au 30 juin 2026 pour exiger le départ de sans-papiers, sous peine de bloquer le pays.

Une hostilité nourrie hors des terrains

La tension a aussi été marquée par des faits violents. Le 19 juin, un ressortissant malawite a été lapidé à mort à Pietermaritzburg, tandis qu’à Durban, des déplacés attendaient une évacuation organisée par leurs gouvernements. Le Ghana a en outre publié, le 1er juin 2026, une alerte déconseillant les voyages non essentiels vers l’Afrique du Sud. Sportnewsafrica rapporte qu’au milieu de ce climat, Sunday World a révélé le 28 juin que Chidimma Adetshina faisait l’objet d’une procédure d’expulsion, les autorités sud-africaines évoquant des irrégularités liées à son statut de résidente alors qu’elle se trouvait au Cap.

Cette affaire a renforcé la colère de nombreux internautes, notamment au Nigeria. Née en Afrique du Sud d’un père nigérian, Chidimma Adetshina avait déjà quitté le concours Miss Afrique du Sud après une campagne de harcèlement xénophobe en ligne, avant de devenir Miss Univers Nigeria puis première dauphine de Miss Univers. Sur les réseaux, la concomitance entre cette nouvelle procédure administrative et l’élimination des Bafana Bafana a été interprétée par certains comme une forme de retour de bâton.

Le volet numérique a lui aussi compté. Le texte évoque une rivalité ancienne entre communautés web africaines, notamment entre partisans de l’Afrobeats nigérian et de l’Amapiano sud-africain. Cette animosité s’était déjà traduite par des canulars autour de fausses commandes Uber ou Bolt. À cela s’ajoute un facteur sportif : après leur médaille de bronze à la CAN 2023 et une campagne de qualification réussie, certains supporters sud-africains affichaient, selon le récit, une forte confiance dans la supériorité technique de leur équipe, ce qui a nourri les railleries au moment de leur sortie du tournoi.

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