Si le gel des activités de lutte durant le mois de Ramadan apparaît aujourd’hui comme une évidence culturelle et sportive au Sénégal, la mécanique n’a pas toujours été aussi spontanée. L’arrêt des compétitions, désormais intégré naturellement dans le calendrier du Comité National de Gestion (CNG) et de la Fédération, relevait par le passé d’une contrainte légale explicite.
Invité de l’émission « Ramadan des arènes » sur **Lutte TV**, Cheikh Sarr, président de la commission d’organisation de la Fédération Sénégalaise de Lutte (FSL), est revenu sur cette évolution historique. L’officiel rappelle une époque où la trêve n’était pas tacite, mais dictée par l’autorité administrative territoriale. « Il fut un temps, c’était le préfet ou le gouverneur qui prenait un arrêté pour interdire toutes formes d’activités liées au divertissement durant ce mois béni », explique-t-il. Cette formalité administrative, qui visait spécifiquement les manifestations ludiques, a laissé place avec le temps à une autorégulation du milieu, où promoteurs et lutteurs cessent d’eux-mêmes toute activité à l’Arène nationale.
**La gestion du temps et l’expérience saoudienne**
Au-delà de l’aspect réglementaire, le dirigeant a partagé son quotidien de fonctionnaire à la retraite durant cette période. S’il affirme allier travail et jeûne sans difficulté majeure, Cheikh Sarr identifie précisément la fenêtre horaire critique de ses journées : le créneau de 16h à 17h. « À cette période, les nerfs sont tendus », confie-t-il, évoquant le manque de thé ou de café comme facteur principal de cette tension passagère.
L’ancien président du bureau des amateurs s’appuie également sur une solide expérience internationale pour analyser les comportements durant ce mois. Ayant effectué le pèlerinage à quatorze reprises entre 2005 et 2022 en tant que chargé de la commission hébergement, il dresse un parallèle entre la solidarité observée à la Mecque et celle visible dans les rues de Dakar. Il note une similitude dans la distribution gratuite de repas à l’heure de la rupture, une pratique saoudienne qu’il retrouve au Sénégal.
Concernant la fréquentation des lieux de culte, le fédéral pose un constat lucide sur l’essoufflement de la ferveur au fil des semaines. Il observe que si les mosquées font le plein au début du mois, l’affluence tend à diminuer progressivement, une tendance qu’il invite les jeunes pratiquants à inverser pour maintenir la constance jusqu’à la fin du cycle.
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