Leader de Premier League avec cinq points d’avance sur Manchester City, Arsenal ne séduit pas uniquement par son jeu de passes. L’équipe de Mikel Arteta s’appuie cette saison sur une arme redoutable : les phases arrêtées, qui ont déjà rapporté 16 buts en championnat. Une efficacité clinique qui agace certains observateurs, taxant les Gunners de pratiquer un football restrictif, voire de recourir aux « arts sombres » du jeu pour casser le rythme.
Face à ces reproches qui ont redoublé d’intensité après le nul contre Liverpool et la victoire face à Chelsea, une voix autorisée du club est montée au créneau. Jeremie Aliadiere, membre de l’effectif des « Invincibles » sacré en 2004, estime que ce procès en purisme n’a pas lieu d’être. Pour l’ancien attaquant français, qui s’est confié à Hayters, l’utilisation des touches longues et des corners travaillés n’est pas un aveu de faiblesse, mais une évolution pragmatique que le reste de la ligue commence à adopter.
L’ancien joueur pointe d’ailleurs une contradiction flagrante chez l’un des détracteurs récents des Gunners. Selon lui, Chelsea, malgré les critiques émises sur le style d’Arteta, a fini par utiliser exactement les mêmes recettes pour trouver la faille. « Ce n’est pas seulement Arsenal qui fait des longues touches, tous les clubs essaient de le faire parce qu’ils réalisent que c’est un plan viable », analyse Aliadiere. Il insiste sur l’ironie de la situation observée lors du récent derby : « Chelsea, c’est comme ça qu’ils ont marqué leur but. Commençons par dire que Chelsea copie ce qu’Arsenal fait sur les coups de pied arrêtés. »
L’analyse de l’ancien Gunner se porte sur la mécanique précise de ces actions, qui consiste à créer le chaos dans la surface adverse. « Mettez tout le monde sur le gardien, assurez une bonne livraison, mettez le ballon dans la boîte et tout ce dont vous avez besoin, c’est que quelqu’un touche quelque chose », détaille-t-il. Pour lui, voir des clubs rivaux reproduire ces schémas est la preuve ultime que la méthode fonctionne.
Au-delà de la tactique, Aliadiere a également abordé la dimension mentale de la course au titre. Ayant vécu la pression d’une saison historique il y a vingt ans, il reconnaît que la tâche est aujourd’hui plus complexe en raison de l’omniprésence des réseaux sociaux. « À notre époque, le monde était différent. Nous n’avions pas tout cet accès aux gens, aux critiques », concède-t-il, saluant au passage la capacité de l’effectif actuel à faire abstraction du bruit extérieur pour rebondir après chaque contre-performance, comme lors des déplacements à Brentford ou Wolverhampton.
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