La demi-finale de la CAN 2025 entre le Maroc et le Nigeria s’est jouée sur une tension extrême dans l’enceinte de Rabat. Alors que la séance de tirs au but devait départager les deux nations après un score vierge, l’entrée en jeu tardive de Samuel Chukwueze, pensée comme un atout stratégique pour cet exercice, a suscité une inquiétude immédiate chez une légende du football nigérian, alertée par l’attitude du joueur.
Le scénario semblait pourtant écrit pour les Super Eagles. Après 120 minutes sans but, le staff technique avait lancé l’ailier de l’AC Milan à la place de Frank Onyeka dans les ultimes instants de la prolongation, misant sur sa fraîcheur technique pour la séance fatidique. Le Maroc venait de voir Hamza Igamane échouer face à Stanley Nwabali, offrant une balle de break au Nigeria (1-1). C’est à cet instant précis, alors que Samuel Chukwueze s’avançait pour donner l’avantage aux siens, que Mercy Akide a senti le vent tourner.
L’ancienne gloire des Super Falcons, qui suivait la rencontre, a détaillé son ressenti sur le podcast ATHLST, relayé par *Complete Sports*. Pour elle, l’échec du gaucher face à Yassine Bounou n’était pas un hasard technique, mais la conséquence visible d’une fébrilité psychologique face à l’ambiance hostile du stade.
« Avant même qu’il ne tire, je l’ai observé », explique Akide. « Dans ce genre de situation, même s’il tire des penalties à l’entraînement et se sent capable d’en prendre un, la foule était trop importante pour lui. On pouvait déjà le voir sur lui quand il s’apprêtait à tirer. »
L’analyse de l’ancienne attaquante se porte sur des détails biomécaniques précis qui trahissent souvent le doute chez un tireur. Selon elle, la démarche du joueur ne trompait pas : « Les tireurs de penalty ne marchent pas juste comme ça… J’ai dit à mon mari, Colin, que j’avais peur. On pouvait le voir à ses mouvements corporels. Au moment du dernier contact, il n’a pas levé la tête. »
Ce tir, finalement stoppé par le gardien marocain, a redonné l’avantage psychologique aux Lions de l’Atlas, qui se sont imposés 4-2. Malgré ce constat lucide sur la gestion de la pression, Mercy Akide refuse de blâmer le joueur de 25 ans, rappelant la difficulté de l’exercice.
« C’est angoissant de tirer un penalty. Tout le monde pense qu’il suffit de frapper dedans, ce n’est pas aussi simple que ça », tempère-t-elle, appelant les supporters à la clémence. « Nous ne devrions pas le crucifier, nous devrions le laisser tranquille. Il n’est pas le seul à avoir raté ; le défenseur Bruno a aussi manqué. C’est un jeune gars, il ne faut pas le décourager. »
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