Au siège du football africain, la pression monte autour de Patrice Motsepe. Le président de la CAF voit son environnement se durcir à mesure que s’accumulent les critiques internes et les interrogations sur son avenir à la tête de l’instance.
Ces dernières semaines, un autre dossier a pris de l’ampleur : l’hypothèse d’un engagement politique en Afrique du Sud, alors que le mandat de Cyril Ramaphosa à la tête de l’ANC doit s’achever en 2027. Motsepe a longtemps assuré ne pas être intéressé, mais il serait en train de réexaminer sa position. En parallèle, ses relations avec une partie du comité exécutif se seraient dégradées. Plusieurs dirigeants lui reprocheraient sa connaissance jugée insuffisante de l’institution, la longueur de certaines réunions et des maladresses dans ses échanges avec des présidents de fédération.
Un épisode récent a encore alimenté cette contestation. Motsepe avait annoncé à Johannesburg un passage de la CAN à 28 équipes, avant un démenti officiel de la CAF. Dans le même temps, il continue d’assurer la tenue de la CAN 2027. Or, d’après des éléments rapportés par Sportnewsafrica, une partie importante du comité exécutif estime que deux des trois pays organisateurs, le Kenya et l’Ouganda, ne sont pas prêts. Dans ce contexte, une motion de censure — c’est-à-dire une procédure visant à retirer sa confiance à un dirigeant — aurait déjà été évoquée il y a quelques mois, puis remise sur la table avant une prochaine réunion du comité exécutif. Le texte devrait ensuite être soumis à validation lors de l’Assemblée générale prévue en octobre.
Le dossier se complique aussi sur le terrain des alliances. Gianni Infantino aurait pris ses distances après la signature d’une convention avec l’UEFA permettant à l’arbitre somalien Omar Artan d’officier lors de la Super Coupe d’Europe. Fouzi Lekjaa, présenté comme un autre soutien important de Motsepe, ne le protégerait plus non plus du mécontentement ambiant depuis l’épisode lié à la finale de la CAN 2025. Le vainqueur de cette édition doit d’ailleurs être connu après les auditions annoncées le 8 octobre devant le Tribunal arbitral du sport, juridiction chargée de trancher les litiges sportifs.
Dans le même temps, plusieurs candidatures se dessinent pour une éventuelle succession. Souleiman Waberi, président de la fédération djiboutienne, Ahmed Yahya, patron de la fédération mauritanienne, et Idriss Diallo, président de la fédération ivoirienne, auraient déjà lancé leurs manœuvres. Diallo compterait notamment sur l’appui de Samuel Eto’o, tandis que Waberi est lui aussi décrit comme proche de l’ancien capitaine camerounais.

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