Rabat accueille jusqu’au 16 août la CAN féminine 2026, avec une ambition claire : faire venir davantage de public dans les stades. Les organisateurs ont misé sur une grille tarifaire basse, avec des billets vendus à 20 DH en catégorie III, 30 DH en catégorie II et 50 DH en catégorie I.
Sur le terrain de l’affluence, le constat reste pourtant contrasté. En dehors des rencontres des Lionnes de l’Atlas, plusieurs affiches de la phase de groupes se disputent devant des tribunes incomplètes. Le sujet dépasse donc la seule question du prix. Dans son décryptage, Lebrief relève que l’accès à la billetterie s’est fait uniquement en ligne via Weebook, avec une première phase réservée aux détenteurs de cartes Visa.
Des freins au-delà des tarifs
Cette organisation peut compliquer l’achat pour une partie du public, notamment pour ceux qui maîtrisent moins les outils numériques ou ne disposent pas des moyens de paiement adaptés. Les billets nominatifs, prévus pour des raisons de sécurité, ajoutent aussi une contrainte pour les échanges ou les achats de dernière minute.
L’édition 2026 se joue en outre dans un format élargi à seize sélections. Cette formule augmente le nombre de matchs dès le premier tour et répartit davantage les spectateurs, surtout lorsque les affiches concernent des équipes moins suivies par le grand public marocain. En période estivale, entre vacances et autres loisirs, remplir les stades devient plus difficile pour ces rencontres sans équipe hôte.
Autre limite signalée : la visibilité du football féminin africain. Les joueuses restent peu exposées dans les médias généralistes et sportifs, tandis que les analyses, portraits et émissions consacrés aux sélections féminines demeurent rares. La diffusion télévisée n’offre pas non plus la même exposition que les compétitions masculines, et les campagnes de communication sont jugées tardives.
Le développement du secteur reste enfin freiné par des moyens plus limités. Les budgets marketing sont inférieurs à ceux du football masculin, les primes ont progressé sans atteindre les niveaux des grandes compétitions masculines, et le sponsoring demeure un chantier important. Le texte évoque aussi des championnats féminins encore fragiles dans plusieurs pays africains, même si le Maroc, l’Afrique du Sud et le Nigeria font partie des nations les mieux structurées sur ce point.

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