Vozinha sera l’un des visages les plus observés vendredi lorsque le Cap-Vert entrera sur la pelouse face à l’Argentine. Le gardien cap-verdien de 40 ans incarne le parcours inattendu des Requins bleus, qualifiés pour les matches à élimination directe de leur première Coupe du monde après trois nuls en phase de groupes.
Le Cap-Vert a d’abord tenu l’Espagne en échec (0-0), avant d’enchaîner deux autres matches nuls contre l’Uruguay et l’Arabie saoudite. Cette série lui a permis de terminer à la deuxième place de son groupe. En face, l’Argentine arrive avec un tout autre pedigree : trois Coupes du monde, seize Copa America et une place régulière dans le top 3 du classement FIFA depuis mars 2022, comme le rappelle BBC Football.
Le contraste est fort. L’Argentine dispute le Mondial depuis 1930, alors que la fédération cap-verdienne n’a été créée qu’en 1982 et n’a rejoint la FIFA qu’en 1986. Le Cap-Vert n’a joué sa première CAN qu’en 2013, puis a atteint deux fois les quarts de finale, avant de manquer l’édition 2025. Pour se qualifier au Mondial 2026, la sélection africaine a pourtant terminé en tête d’un groupe où figurait notamment le Cameroun, avec une seule défaite en dix rencontres.
Autre écart concret : l’effectif. Selon les chiffres cités dans la source, l’ensemble du groupe cap-verdien est valorisé à 54,5 millions d’euros, contre 807,5 millions pour l’Argentine. Dans les onze probables, l’écart reste immense : l’équipe argentine dépasse à elle seule 360 millions de livres sterling, alors que tout le onze cap-verdien est évalué à 19,77 millions. Cinq joueurs argentins affichent même une valeur supérieure à celle de toute l’équipe cap-verdienne.
Le parcours du Cap-Vert repose aussi sur une forte diaspora. Douze joueurs de la sélection sont nés dans le pays, mais plusieurs autres viennent des Pays-Bas, de France ou du Portugal. Aucun n’évolue dans le championnat domestique semi-professionnel. Un seul joueur de l’effectif, le défenseur Logan Costa de Villarreal, joue dans l’un des cinq grands championnats européens. Le premier but cap-verdien dans cette Coupe du monde a été inscrit par Kevin Pina, né à Praia.
Ce huitième met donc face à face deux trajectoires opposées : une puissance mondiale installée et une sélection africaine encore récente à ce niveau. Pour le public africain, l’enjeu est aussi là : voir jusqu’où le Cap-Vert peut pousser son aventure contre l’un des monuments du football mondial.

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