C’est un constat qui revient avec une régularité alarmante de l’autre côté de la Manche. Alors que les instances multiplient les campagnes de sensibilisation, le football anglais vient de traverser une zone de turbulences marquée par une série d’incidents extrasportifs en l’espace de quarante-huit heures. Au cœur de cette tempête médiatique et humaine, plusieurs joueurs, dont un international nigérian, ont décidé de ne plus se taire face à ce que l’association Kick It Out qualifie désormais de « week-end épouvantable ».
Le point de bascule a eu lieu dimanche, lors de la défaite étriquée des Wolves sur la pelouse de Crystal Palace (1-0). Tolu Arokodare, l’attaquant des Loups, a manqué un penalty décisif au cours de la rencontre. Une situation de jeu malheureusement banale, qui a pourtant déclenché une réaction en chaîne immédiate sur les réseaux sociaux. Dès le coup de sifflet final, le Super Eagle a été la cible de nombreux messages à caractère raciste provenant de plusieurs comptes distincts.
Loin de se murer dans le silence, le joueur a pris la parole via une story Instagram pour dénoncer l’impunité qui règne sur ces plateformes. « C’est encore incroyable pour moi que nous jouions à une époque où les gens ont tant de liberté pour communiquer un tel racisme sans aucune conséquence », a déploré l’avant-centre. Pour lui, la responsabilité est collective : « Ces individus ne devraient avoir aucune place dans notre jeu et, collectivement, nous devons agir pour punir tous ceux qui entachent le sport de la sorte, peu importe qui ils sont. »
**Une série noire qui touche quatre joueurs**
Le cas d’Arokodare n’est malheureusement pas isolé. Selon nos informations relayées par PLZ Soccer, ce sont quatre dossiers distincts qui se sont ouverts en un seul week-end. Outre l’attaquant des Wolves, Romaine Mundle (Sunderland) a subi un traitement similaire après son entrée en jeu lors de la défaite contre Fulham (3-1). La veille, c’est la rencontre entre Chelsea et Burnley (1-1) qui avait servi de décor à des dérapages visant le défenseur des Blues Wesley Fofana et le milieu de terrain Hannibal Mejbri.
Face à cette recrudescence, le sentiment de lassitude gagne les vestiaires. Wesley Fofana, partageant les captures d’écran des messages reçus, a exprimé son pessimisme quant à l’efficacité des mesures actuelles : « 2026, c’est toujours la même chose, rien ne change. Ces gens ne sont jamais punis. Vous créez de grandes campagnes contre le racisme, mais personne ne fait rien concrètement. » Un avis partagé par Hannibal Mejbri, qui a exhorté les auteurs de ces messages à « s’éduquer ».
**La réponse des instances**
Les clubs concernés ont rapidement réagi. La direction des Wolves s’est dite « dégoûtée » par ces actes, promettant une « tolérance zéro » et apportant un soutien indéfectible à son joueur. De son côté, Sunderland a qualifié ces comportements d’« abjects », affirmant que les coupables ne sont « pas les bienvenus » au stade.
La Premier League a assuré qu’elle soutiendrait les enquêtes en cours et qu’elle s’engagerait à obtenir des « conséquences graves » pour les coupables identifiés. L’organisation caritative Kick It Out a quant à elle martelé que les joueurs « ne peuvent pas être censés tolérer ce comportement », appelant les plateformes numériques à prendre enfin leurs responsabilités.
We stand in solidarity with Wolves’ Tolu Arokodare and Sunderland’s Romaine Mundle.
This has been an appalling weekend after four players called out the racist abuse they’ve received on social media. But the sad fact is, we know it happens regularly.
The message from them is… https://t.co/aQHlAVNjBy
— Kick It Out (@kickitout) February 22, 2026

Sunderland AFC is appalled by the vile online racist abuse directed at Romaine Mundle following today’s Premier League fixture against Fulham.
— Sunderland AFC (@SunderlandAFC) February 22, 2026
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