« C’est un monument, moi je suis en chemin » : la réponse lucide du nouveau patron de la lutte simple à la comparaison qui enfle

Il a transformé l’arène sablonneuse en terrain de conquête exclusif. Sacré « Meilleur lutteur » de lutte simple par l’Association nationale de la presse sportive (ANPS) au terme d’une saison 2024-2025 à sens unique, Ngagne Sène, plus connu sous le nom de « Koor Bigué », ne se contente plus de gagner : il écrase la concurrence. Mais alors que les observateurs s’empressent de lui trouver des airs de ressemblance avec la plus grande légende de la discipline, l’intéressé a tenu à calmer le jeu avec une lucidité désarmante.

Les chiffres rapportés par nos confrères du *Soleil Sports* donnent le vertige et justifient l’effervescence autour du natif de Ndiaganiao. Une victoire lors d’un gala avec une mise de 10 millions de FCFA, une finale remportée pour une mise de 15 millions, et une série de trois tournois survolés à 2 millions de FCFA chacun. De Fimela à Grand Yoff, en passant par Kaolack, Ngagne Sène a imposé sa loi physique et technique.

L’épisode le plus marquant de cette hégémonie reste sans doute le tournoi de Simal. Venu presque par défi, encouragé par ses amis et sans la moindre préparation spécifique, il a raflé la mise (les bœufs) avec une facilité déconcertante. « Ce jour-là, j’ai su que j’avais franchi un cap », confie-t-il, validant son changement de statut.

**Le refus de l’étiquette « Yékini »**

Ce gabarit imposant, cette origine sérère et ce sérieux imperturbable dans l’effort ont inévitablement conduit le public à tracer un parallèle audacieux avec Yakhya Diop « Yékini », l’ancien roi des arènes. Une comparaison flatteuse que Ngagne Sène rejette pourtant fermement, refusant de brûler les étapes.

« Yékini, c’est un monument. Moi, je suis encore en chemin », a-t-il tranché, coupant court aux superlatifs précoces. S’il avoue sa fascination pour la carrière de l’ancien champion et son désir de lui parler un jour, « Koor Bigué » préfère construire sa propre trajectoire plutôt que d’endosser un costume encore trop large.

**« La saison est ouverte, mais je ne t’ai pas vu »**

Cette trajectoire singulière est d’ailleurs inscrite dans l’histoire de son surnom, « Koor Bigué ». Loin d’être un simple sobriquet de combat, il tire son origine d’une anecdote survenue à Dubaï, alors qu’il se préparait aux côtés de son mentor et ami, Reug Reug (Oumar Kane). La chanteuse Mbayang Loum, ne le voyant pas apparaître alors que la saison avait débuté, lui avait dédié un refrain : « La saison est ouverte, mais je ne t’ai pas encore vu… ». Un clin d’œil devenu une identité pour celui qui, depuis, a largement rattrapé le temps perdu.

**L’appel au Président**

Désormais tourné vers la lutte avec frappe, où il affiche déjà un bilan immaculé de trois victoires en trois combats, Ngagne Sène vise plus haut. Avec Ndiaga Doolé et Diam Terry dans le viseur, il ne cache pas son ambition ultime : le titre de Roi des arènes.

Conscient que le talent seul ne suffit pas toujours, l’ancien éleveur a profité de sa nouvelle exposition pour lancer un appel direct au Chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, originaire du même terroir que lui. « Président Diomaye, je demande votre soutien », a-t-il glissé, sans plainte, mais avec la détermination de ceux qui savent où ils vont.

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