Ciblé après son échec face à Crystal Palace : les mots forts de l’attaquant nigérian pour dénoncer une impunité totale

Le football anglais traverse une nouvelle zone de turbulences extrasportives. Alors que la Premier League multiplie les campagnes de sensibilisation, la réalité du terrain — et surtout celle des réseaux sociaux — rattrape brutalement les acteurs du jeu. Ce week-end, la simple issue d’un fait de jeu a suffi pour déclencher une vague d’hostilité envers plusieurs joueurs, dont un attaquant nigérian et un international tunisien, forçant les clubs et les instances à réagir en urgence.

Le point de bascule a eu lieu dimanche, lors de la rencontre entre Wolverhampton et Crystal Palace. Tolu Arokodare, l’attaquant des Wolves, a manqué un penalty décisif lors de la défaite des siens (1-0). Une erreur technique qui a immédiatement servi de prétexte à une campagne de harcèlement raciste ciblée sur les plateformes numériques. Selon nos informations, basées sur les rapports de PLZ Soccer, plusieurs comptes ont déversé des injures à l’encontre du joueur dès le coup de sifflet final.

Face à cette déferlante, l’ancien joueur de Genk, régulièrement cité dans les listes élargies du Nigeria pour les échéances internationales, n’a pas caché son écœurement. Sur son compte Instagram, Arokodare a partagé un message traduisant une profonde lassitude : « Il m’est encore incroyable que nous jouions à une époque où les gens ont tant de liberté pour communiquer un tel racisme sans aucune conséquence. »

Le club des Wolves a immédiatement apporté son soutien « indéfectible » à son joueur, qualifiant les abus de « répugnants » et confirmant avoir signalé les auteurs aux autorités compétentes. Mais le cas d’Arokodare n’est malheureusement pas isolé sur cette seule journée de championnat.

**Une série noire qui touche aussi Hannibal Mejbri**

Ce même week-end a vu d’autres acteurs subir le même sort. Romaine Mundle, milieu de terrain de Sunderland, a été visé après son entrée en jeu lors de la défaite contre Fulham (3-1). Plus tôt, c’était au tour de Wesley Fofana (Chelsea) et d’Hannibal Mejbri (Burnley) d’être pris pour cible après le match nul (1-1) entre leurs deux équipes.

Le milieu de terrain tunisien a réagi avec amertume, exhortant les auteurs de ces messages à « s’éduquer eux-mêmes ainsi que leurs enfants ». De son côté, Wesley Fofana a dressé un constat d’échec des politiques actuelles de modération : « 2026, c’est toujours la même chose, rien ne change. Ces gens ne sont jamais punis. Vous créez de grandes campagnes contre le racisme, mais personne ne fait rien concrètement. »

Si la Premier League et l’organisation Kick It Out ont promis de « graves conséquences » et assuré travailler avec l’unité de police du football britannique pour identifier les coupables, le sentiment d’impunité soulevé par Arokodare et ses homologues reste le point central de cette nouvelle crise.

Chelsea's Wesley Fofana holds up a hand.

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