Convaincu d’appartenir au cercle fermé des dix meilleurs, le chef de file de Baol Mbollo identifie l’unique obstacle qui le sépare encore d’une nouvelle chance royale

Le dimanche 15 février marquera un tournant décisif pour l’écurie Baol Mbollo. Alors que les regards se tournent vers le duel à haute tension prévu contre Franc, pensionnaire de Jambars Wrestling, l’enjeu dépasse la simple victoire d’étape pour l’un des poids lourds du circuit. À 44 ans, celui qui revendique sa place parmi l’élite de l’arène sénégalaise joue une carte majeure pour valider une ambition qui lui échappe depuis plus d’une décennie.

Selon les informations rapportées par Le Soleil Sports, Tapha Tine aborde cette confrontation avec la certitude de figurer parmi les « dix meilleurs de l’arène sénégalaise ». Mais au-delà des statistiques, ce combat représente le dernier verrou à faire sauter pour légitimer une nouvelle chance mondiale. Depuis sa défaite contre Balla Gaye 2 le 21 juillet 2024, le « Géant du Baol » nourrit une obsession précise : obtenir un duel contre l’actuel Roi des arènes, Modou Lô. Pour y parvenir, freiner l’ascension de Franc est devenu un impératif non négociable.

**Une trajectoire forgée sur l’axe Dakar-Réfane**

L’histoire du champion s’ancre loin des projecteurs, sur les routes reliant la capitale à son village natal de Réfane. Avant de devenir une figure incontournable de la lutte avec frappe, Amdy Moustapha Tine a exercé comme apprenti, chauffeur de taxi puis camionneur. Arrivé à Dakar à 17 ans, il a longtemps sillonné le bitume avant de suivre les traces de son père, Gningane, ancien lutteur téméraire du département de Bambey. « Le sang ne ment pas. Je savais que tôt ou tard, je suivrais ses pas », confie l’intéressé à nos confrères.

Sa carrière, débutée officiellement en 2005, a rapidement pris de l’ampleur avec des victoires notables sur Malaw Séras et Sa Cadior 2, avant une participation contrastée au Championnat de lutte avec frappe (CLAF). Si les défaites contre Issa Pouye et Lac de Guiers 2 ont marqué son apprentissage, sa victoire contre Yékini Jr a prouvé sa résilience.

**La rupture fondatrice et l’union sacrée**

L’ascension de Tapha Tine est indissociable de la restructuration de son encadrement. Initialement membre de l’écurie Baol, une rivalité interne avec Mame Goor Diouf a provoqué une scission en 2007. Soutenu par des cadres influents comme Moussa Diagne et l’entraîneur Omez, il fonde Baol Mbollo. Cette structure lui permet d’enchaîner les performances jusqu’à obtenir un « combat royal » en juin 2013 face à Balla Gaye 2.

Cette première tentative de décrocher la couronne s’est soldée par un échec cuisant, plongeant son camp dans une crise temporaire. Les leçons tirées de cette période ont mené à la création du collectif « 100% Baol », une initiative visant à unifier les forces vives de la localité derrière leur champion. « Nous ne pouvions rien obtenir dans la division », admet le lutteur, désormais porté par toute une région.

Le 15 février, face à Franc, Tapha Tine ne défendra pas seulement ses couleurs, mais la crédibilité de son ultime course vers le sommet.

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