Côte d’Ivoire : Emerse Faé recadre Schweinsteiger après des propos sur le « football africain »

« De telles expressions, lorsqu’on les appelle par leur vrai nom, peuvent être considérées comme racistes. » Emerse Faé a réagi publiquement aux commentaires de Bastian Schweinsteiger sur la Côte d’Ivoire avant le match du groupe E entre l’Allemagne et la sélection ivoirienne, disputé le 20 juin 2026 à Toronto.

L’ancien international allemand, consultant pour la télévision ARD, avait décrit le « football africain » comme « peu orthodoxe », « un peu sauvage » et moins structuré tactiquement. Le sélectionneur ivoirien a jugé ces mots offensants. Il a expliqué qu’ils renvoyaient son équipe à des représentations réductrices, centrées sur la puissance et la spontanéité, en laissant de côté la préparation, la discipline et le travail tactique nécessaires au très haut niveau. Le média Karlobag a notamment rapporté sa réaction publique à ces formulations avant la rencontre.

La réponse de Faé a pris plus de poids après la qualification historique de la Côte d’Ivoire pour la phase à élimination directe de la Coupe du monde. La sélection ivoirienne a validé ce billet en battant Curaçao, un match au cours duquel Nicolas Pépé a inscrit les deux buts, tandis que Yan Diomandé s’est signalé dans la création des occasions et qu’Ibrahim Sangaré a délivré une passe sur le second but (The Guardian). Faé a ensuite parlé d’une « qualification historique », tout en précisant que son groupe voulait aller « le plus loin possible » dans la compétition.

Le technicien ivoirien a aussi insisté sur le contenu footballistique de cette réussite. D’après le compte rendu de la FIFA, la Côte d’Ivoire ne s’est pas sortie de la phase de groupes par hasard, mais en s’appuyant sur un plan de jeu, sur l’adaptation à l’adversaire et sur une vraie maîtrise du risque. Faé a rappelé que son équipe ne gagne pas parce qu’elle serait « sauvage », mais parce que ses joueurs comprennent leurs rôles et appliquent les consignes du staff.

Le débat a dépassé le seul cadre de ce match. Le journaliste Philipp Awounou, cité par plusieurs médias, a estimé que des termes comme « sauvage », « imprévisible » ou « peu orthodoxe » transportent une charge coloniale et raciale lorsqu’ils sont régulièrement associés à des équipes africaines ou à des joueurs noirs. De son côté, l’analyste des médias Patrick Schnitzler a parlé de préjugés parfois inconscients, mais problématiques dans le traitement du football africain.

0 Commentaires

Soyez le premier à commenter cet article.