10. C’est le nombre de sélections africaines présentes à la Coupe du monde 2026, soit le double de l’édition 2022 selon les éléments rapportés. Sur le terrain, les équipes du continent ont, pour la plupart, franchi le premier tour. En dehors des stades, la réalité a été bien moins ouverte pour de nombreux Africains, entre tarifs élevés, délivrance compliquée des visas et retours forcés.
Cette contradiction a aussi touché les officiels. Ancien international marocain et aujourd’hui entraîneur des Orlando Pirates en Afrique du Sud, Abdeslam Ouaddou estime que ce nouveau format a corrigé une part de l’inégalité sportive, tout en relevant la persistance de discriminations. Un cas a particulièrement marqué la compétition : Omar Abdulkadir Artan, arbitre somalien de 34 ans et désigné meilleur arbitre africain en 2025 par la CAF, a été refoulé à son arrivée à l’aéroport de Miami malgré un visa valide, comme le détaille Afriquexxi. Un responsable du département d’État américain a déclaré à l’Agence France-Presse que l’arbitre serait lié à des personnes soupçonnées d’appartenir à des organisations terroristes, sans plus de précisions.
Le sujet dépasse le seul accès au territoire. Le sociologue marocain Abderrahim Bourkia explique que cette édition a mis en lumière la tension entre l’universalité affichée du football et des frontières toujours bien réelles. Il relève aussi une intensification de la parole raciste autour du tournoi. La Fifa a elle-même indiqué, à l’issue du premier tour, une hausse des injures racistes sur les réseaux sociaux. Trois joueurs afro-descendants des Pays-Bas, Justin Kluivert, Quinten Timber et Crysencio Summerville, ont ainsi été visés après des tirs au but manqués contre le Maroc le 30 juin. Le même climat a aussi été alimenté par des propos racistes attribués à un ancien Premier ministre espagnol et à une élue paraguayenne contre des joueurs de l’équipe de France.

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