Critiqué pour la suspension des Face-à-face, Bira Sène rend publique la mesure radicale que l’autorité administrative s’apprêtait à prendre

Le climat reste tendu entre l’instance dirigeante de la lutte sénégalaise et les acteurs de l’arène. Alors que la décision de suspendre les événements promotionnels continue de susciter l’incompréhension chez certains promoteurs, le président de la Fédération Sénégalaise de Lutte (FSL) a tenu à placer le débat sur un autre terrain ce jeudi. Pour justifier la rigueur actuelle, Ibrahima Sène, dit Bira, a levé le voile sur un scénario administratif bien plus sombre qui menaçait l’existence même de la discipline à Dakar.

Un sacrifice nécessaire pour éviter l’arrêt total

La mesure est impopulaire, mais elle relève de la survie, selon les explications fournies par le patron de la lutte. Face aux critiques des promoteurs qui déplorent l’interdiction des « Face-à-face » et des « Open Press », Bira Sène a révélé que ces restrictions constituaient en réalité une solution de compromis négociée in extremis avec les autorités étatiques. L’alternative n’était pas le statu quo, mais une interdiction pure et simple de la pratique de la lutte dans la capitale.

Selon les propos rapportés par nos confrères de Wiw Sport, le dirigeant a confié la teneur de ses échanges avec l’autorité administrative : « Le gouverneur de Dakar avait pris la décision d’arrêter définitivement la lutte. Et ce, avant même que je ne prenne service. Mais je lui ai demandé de nous accorder du temps et de nous accompagner. »

La violence au cœur des préoccupations étatiques

Cette position radicale du gouvernorat s’explique par la recrudescence de la violence autour des événements de lutte, un fléau que les autorités peinent à endiguer. En choisissant de supprimer les rassemblements d’avant-combat, souvent théâtres de débordements, la FSL tente de donner des gages de sécurité pour préserver l’essentiel : la tenue des combats officiels.

Bira Sène assume donc pleinement cette « décision d’arrêter les Face-à-face » comme un moindre mal. « S’il n’y avait pas cette décision, personne n’allait penser à trouver des solutions ! Nous sommes prêts à accompagner les promoteurs mais il faut régler ce problème et trouver une solution durable pour le bien des Sénégalais », a-t-il martelé.

Un appel à la responsabilité collective

Au-delà de la gestion de crise, le président de la FSL appelle à une prise de conscience générale pour un « retour aux fondamentaux ». La stratégie est claire : sacrifier le folklore promotionnel pour sauver la compétition sportive. En maintenant le cap malgré la pression des organisateurs, l’instance faîtière envoie un signal fort : la pérennité de l’arène dépendra désormais de sa capacité à s’autopiloter dans le calme et la responsabilité.

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