Au cœur des discussions pour la prolongation de son contrat à la tête des Super Eagles, la question financière cristallise les tensions depuis plusieurs jours. Alors que les chiffres circulent et surprennent par leur ampleur, le technicien a tenu à clarifier la réalité économique derrière sa demande de revalorisation, mettant en lumière un fonctionnement interne méconnu du grand public.
Le fossé semble immense sur le papier. Actuellement émargé à 50 000 dollars mensuels, Éric Chelle a mis sur la table une proposition à 130 000 dollars pour poursuivre sa mission avec le Nigeria. Une augmentation de 160% qui, de prime abord, pourrait passer pour de la gourmandise dans un contexte économique contraint. Pourtant, comme le rapporte notre source Complete Sports, relayant des propos tenus dans le podcast « Histoires de Foot », cette somme ne finira pas intégralement dans la poche du sélectionneur.
Une structure autonome à financer
L’argumentaire du technicien repose sur une logique comptable précise : l’enveloppe réclamée doit couvrir les salaires de son équipe technique rapprochée. Contrairement à certains modèles où la fédération salarie directement les adjoints, Éric Chelle fonctionne avec une garde rapprochée qu’il rémunère lui-même.
« Ce que les gens ne savent pas, c’est qu’en Afrique, dans l’équipe nationale où j’étais, je dois payer mon staff », a expliqué l’ancien défenseur. « Sur les 130 000 dollars proposés, potentiellement, si ces chiffres sont confirmés, il faut payer tout le monde derrière. Oui, nous sommes cinq. »
Cette « structure », comme il la nomme, comprend son premier assistant, un préparateur physique, un entraîneur des gardiens et un assistant personnel. Une méthode qui vise à professionnaliser l’encadrement autour des joueurs nigérians, habitués dans leurs clubs européens à un suivi individuel pointu, incluant parfois des coachs mentaux.
La pression démographique comme baromètre
Pour justifier ce besoin d’encadrement élargi, Éric Chelle n’hésite pas à mettre en perspective la charge mentale inhérente au poste de sélectionneur du Nigeria. Il évoque une pression proportionnelle à la démographie du pays.
« Il y a des moments où la pression est forte. Quand on est coach d’une nation de 250 millions d’habitants, c’est quatre fois la France. Parfois, je ne peux pas gérer cette pression seul », confie-t-il. Cette délégation des tâches via un staff étoffé devient alors une nécessité opérationnelle pour maintenir la performance, et non un luxe.
Au-delà du salaire, les négociations incluent des aspects logistiques classiques, tels que la prise en charge des billets d’avion pour sa famille, une demande qu’il qualifie de standard pour tout technicien expatrié souhaitant vivre sur place. « C’est une négociation. On demande le plus haut ou le plus bas ? Aujourd’hui, nous y arrivons », conclut-il, balayant l’idée d’un blocage définitif.
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