C’est un fléau qui continue de ronger le football anglais, transformant des lendemains de matchs en épreuves psychologiques pour les acteurs du jeu. Alors que la Premier League se veut une vitrine mondiale, ce week-end de compétition a de nouveau été terni par des comportements extrasportifs inacceptables. Au cœur de la tempête, un attaquant nigérian a choisi de ne pas se murer dans le silence après avoir été pris pour cible suite à une performance sportive contrariée.
L’incident trouve sa source sur la pelouse de Selhurst Park. Tolu Arokodare, aligné avec Wolverhampton face à Crystal Palace, a connu une après-midi difficile. L’attaquant de 25 ans a vu son penalty repoussé en première période, un tournant décisif dans une rencontre finalement perdue par les Wolves (1-0). Si la sanction sportive est immédiate, la sanction numérique, elle, a été beaucoup plus virulente et personnelle.
Selon les éléments relayés par *Complete Sports*, l’international nigérian a reçu une vague de messages à caractère raciste via les réseaux sociaux dans les heures suivant le coup de sifflet final. Loin de subir passivement, le joueur a opté pour une stratégie de transparence totale. Sur son compte Instagram, Arokodare a publié plusieurs captures d’écran des messages haineux reçus, exposant directement les auteurs de ces attaques.
Au-delà de la preuve par l’image, l’ancien joueur d’Amiens a accompagné sa démarche d’un message fort, pointant du doigt l’absence de régulation réelle sur ces plateformes. « C’est toujours incroyable pour moi que nous jouions à une époque où les gens ont autant de liberté pour communiquer un tel racisme sans aucune conséquence », a-t-il écrit. Il appelle désormais à une prise de responsabilité collective pour « punir tous ceux qui souillent le sport de la sorte, peu importe qui ils sont ».
La direction de Wolverhampton a immédiatement réagi, se déclarant « dégoûtée » par ces agissements et assurant son joueur d’un « soutien total et inébranlable ». Le club condamne des comportements « odieux et illégaux » perpétrés par des comptes anonymes agissant en toute impunité.
Ce cas n’est malheureusement pas isolé sur la scène anglaise ce week-end. Romaine Mundle, l’ailier de Sunderland, a lui aussi été visé après la défaite de son équipe contre Fulham (1-3). Face à la violence des propos, le joueur de 22 ans a pris une décision radicale rapportée par le *Sunderland Echo* : la suppression pure et simple de son compte Instagram. L’organisation anti-discrimination Kick It Out a qualifié ce week-end d’« effroyable », recensant au total quatre joueurs de l’élite ciblés en moins de 48 heures, dont le milieu de terrain de Burnley Hannibal Mejbri et le défenseur de Chelsea Wesley Fofana.
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