La pression inhérente au banc de Stamford Bridge ne laisse que peu de place à l’apprentissage. Arrivé en provenance de Strasbourg dans un mouvement interne à la galaxie BlueCo, Liam Rosenior réalise des débuts statistiquement solides à la tête de Chelsea. Pourtant, derrière les résultats bruts, la manière interroge. Une ancienne figure du club, témoin privilégié de cette transition, pointe une dichotomie inquiétante dans la gestion des rencontres.
Tony Dorigo, latéral gauche des Blues entre 1987 et 1991, ne cache pas sa surprise initiale. Dans un entretien accordé à Hayters, l’ancien international anglais qualifie la nomination de Rosenior de choix « audacieux dès le départ ». Si le technicien a remporté huit de ses douze premiers matchs, la validation de son prédécesseur porte d’abord sur son attitude face à l’exigence du poste.
« C’est un sacré tacticien, je me souviens de la façon dont Hull jouait, c’était brillant », analyse Dorigo. « Mais aller à Chelsea, c’est un tout autre défi. Je pense qu’il se gère bien. Il essaie de rester fidèle à lui-même, ce qui est crucial. Les propriétaires veulent des résultats immédiats, ils n’ont pas le temps d’attendre quelques mois. »
Cependant, cette fidélité à ses principes se heurte à une réalité de terrain plus contrastée. Les récents matchs nuls concédés face à Leeds (2-2 après avoir mené 2-0) et Burnley (1-1, égalisation concédée à la 93e minute) ont mis en lumière une friabilité mentale et tactique.
Pour l’ancien défenseur, le problème réside dans une inconstance chronique au sein même des rencontres. « Dans certains matchs, je les regarde et je me dis ‘wow’, pendant 45 minutes, ils ressemblent à des champions du monde (world beaters). Puis, les 45 minutes suivantes, on se demande où cette équipe est passée », détaille-t-il chez nos confrères. Cette incapacité à maintenir le niveau de performance sur la durée complète d’un match constitue, selon lui, le chantier prioritaire : « La régularité n’est pas encore tout à fait là. »
Au-delà du terrain, l’intégration de Rosenior valide le virage structurel opéré par les propriétaires américains. L’ancien joueur du Torino établit un parallèle avec le modèle continental qu’il a connu en Italie, où le pouvoir est partagé avec la direction sportive.
« Le manager ne contrôle pas tout, le directeur sportif le fait, et on ajuste les pièces ensuite », explique Dorigo, soulignant que Rosenior s’inscrit parfaitement dans cette « méthode moderne » exigée par BlueCo. Une compatibilité structurelle qui devra impérativement s’accompagner d’une correction de ces trous d’air en seconde période pour pérenniser son mandat.
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