C’est dans une atmosphère singulière, bien loin de l’effervescence habituelle d’un début de campagne mondiale, que l’Angleterre entame sa route vers la Coupe du Monde 2027. Ce mardi, les Lionesses affrontent l’Ukraine pour leur premier match de poule, mais la rencontre se disputera sur terrain neutre, à Antalya en Turquie, en raison du conflit qui continue de ravager le territoire ukrainien. Un contexte pesant que la sélectionneuse Sarina Wiegman a tenu à aborder avec gravité.
Le sport passe inévitablement au second plan lorsque la géopolitique impose ses contraintes. Si l’Ukraine figure officiellement comme l’équipe à domicile sur la feuille de match, c’est bien sur les rives de la Méditerranée que les joueuses devront s’exprimer. Une délocalisation nécessaire mais douloureuse pour la technicienne néerlandaise à la tête de l’Angleterre.
Selon les propos rapportés par Hayters, Sarina Wiegman n’a pas caché son émotion face à cette situation : « Nous y pensons, c’est vraiment triste. La raison pour laquelle nous sommes ici n’est pas réjouissante. Nous voudrions que l’Ukraine puisse jouer dans son propre pays, ce qui rend tout cela vraiment triste. » Elle a également souligné l’horreur des épreuves traversées par leurs adversaires, tout en espérant que le football puisse, le temps de 90 minutes, offrir une forme d’unité.
**Une zone désertée par les médias**
Le choix d’Antalya intervient dans un climat régional tendu, marqué par l’escalade des violences au Moyen-Orient. Cette instabilité a eu une conséquence directe sur la couverture de l’événement : de nombreux médias britanniques ont pris la décision de ne pas faire le déplacement en Turquie, jugeant les risques sécuritaires trop élevés pour leurs équipes.
Face à ces inquiétudes légitimes qui ont vidé la tribune de presse, la délégation anglaise a dû s’assurer de conditions de sécurité optimales. Sarina Wiegman a confirmé que le maintien de la rencontre ne reposait pas sur une décision sportive, mais bien diplomatique. « Nous avons reçu des assurances et nous sommes en contact étroit avec notre gouvernement », a-t-elle précisé à Hayters. La ligne de conduite est claire et dictée par Londres : « Si le gouvernement estime que ce n’est pas sûr ici, nous rentrerons. »
Sur le terrain, les joueuses tentent de faire la part des choses, bien que conscientes de leur position privilégiée. Georgia Stanway, milieu de terrain du Bayern Munich, a rappelé l’importance de la perspective dans ces moments-là : « Nous sommes dans une position chanceuse. Parfois, nous prenons les choses pour acquises, mais des moments comme celui-ci vous font réaliser la situation dans son ensemble. » Le coup d’envoi est prévu ce mardi, dans un stade où le silence des médias absents résonnera comme un rappel du contexte mondial.
0 Commentaires
Soyez le premier à commenter cet article.
Connectez-vous pour laisser un commentaire.