Alors qu’ils évoluaient avec un joueur de plus durant une grande partie de la seconde période, les joueurs d’Abia Warriors n’ont pas su forcer la décision lors de la 25e journée de NPFL. Ce match nul face aux Rangers, disputé dimanche à Aba, laisse un goût d’inachevé au staff technique, qui refuse pourtant d’accabler l’adversaire ou l’arbitrage pour expliquer cette contre-performance. L’entraîneur Imama Amapakabo a livré une analyse lucide sur les véritables causes de ce blocage.
Le scénario semblait idéal pour les locaux. Réduits à dix au milieu de la seconde mi-temps, les Rangers offraient une opportunité en or à Abia Warriors de prendre l’ascendant. Pourtant, la supériorité numérique ne s’est jamais traduite par une domination territoriale ou une efficacité accrue au tableau d’affichage. Pour l’ancien gardien international junior, le problème se situe d’abord dans l’utilisation du ballon.
« Nous n’avons pas fait ce qu’il fallait. C’est l’un de ces matchs où nous avons trop rendu le ballon à l’adversaire », a expliqué le technicien lors de la conférence de presse d’après-match relayée par Complete Sports. Selon lui, la pauvreté du jeu dans le tiers offensif a empêché son équipe de prendre le contrôle, rendant l’avantage numérique caduc. « Comme je le dis toujours, si vous ne gardez pas la possession, votre supériorité numérique ne compte pour rien. »
**Un changement de surface et une fébrilité mentale**
Au-delà des erreurs techniques, deux facteurs contextuels ont pesé lourd dans la balance. D’une part, l’adaptation à un nouvel environnement de jeu. La rencontre se déroulait sur la pelouse synthétique de l’Enyimba Stadium, une surface avec laquelle les joueurs d’Abia Warriors doivent encore se familiariser. « C’est notre premier match ici […] donc nous devons encore nous habituer au terrain », a précisé l’entraîneur.
D’autre part, la dimension psychologique a joué un rôle inhibiteur. Avec seulement trois points pris sur les quinze derniers possibles, l’équipe traverse une zone de turbulences. Cette série négative a créé une urgence néfaste. Amapakabo, réputé pour prôner un style de jeu basé sur la possession (tiki-taka), a vu ses hommes déjouer sous la pression. « Les joueurs ont appuyé sur le bouton panique trop tôt. Des passes qu’ils réussissent normalement ont été manquées », a-t-il regretté, soulignant la nécessité de travailler sur la stabilité mentale du groupe.
**Une fin de match sous tension**
Malgré ces difficultés, Abia Warriors a cru tenir la victoire dans les arrêts de jeu. Emeka Obioma a trouvé le chemin des filets, déclenchant l’euphorie du stade avant que le deuxième assistant ne signale une position de hors-jeu. Une décision qui a coupé net les célébrations, mais sur laquelle Amapakabo est resté mesuré, préférant attendre le visionnage des images avant de se prononcer, bien que l’action lui ait semblé licite depuis sa zone technique.
Refusant de céder au catastrophisme malgré cette occasion manquée de se rapprocher du top 3, l’entraîneur conserve une vision à long terme de la saison, qu’il compare à une course d’athlétisme. « Je divise le championnat en une course de 400 mètres. Nous avons fait les premiers 200 mètres […] nous n’avons pas été très bons dans le virage, le 300 mètres », a-t-il imagé. L’objectif est désormais de se réorganiser pour le sprint final, les derniers 100 mètres, afin de sauver une saison encore ouverte.
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