C’est une figure respectée du football nigérian qui sort du silence. Frère aîné de l’actuel directeur technique Augustine Eguavoen, Monday Eguavoen a vu sa trajectoire brisée net au début des années 80. Dans un entretien exclusif accordé à nos confrères de Complete Sports, l’ancien défenseur revient sur les circonstances médicales précises qui ont mis un terme à son rêve international et livre une analyse sans concession sur les difficultés actuelles des Super Eagles dans la course au Mondial 2026.
**Une prise en charge médicale pointée du doigt**
Le drame personnel de Monday Eguavoen remonte aux éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations 1984. Alors que sa carrière internationale prenait son envol après la CAN 1982 en Libye, un match de qualification contre le Sénégal à Lagos va tout faire basculer. Blessé au genou lors de la rencontre, le défenseur est évacué vers le centre médical de l’Institut National des Sports (NIS) à Lagos.
Selon son témoignage, la gestion de cette blessure par la structure médicale de l’époque a été déterminante. « Je ne pense pas que cela ait été traité correctement et je vis encore avec cela aujourd’hui », confie-t-il à la source, précisant que les séquelles sont toujours visibles dans sa démarche. Cette défaillance dans le suivi l’a privé de la phase finale en Côte d’Ivoire et a contraint le joueur à une retraite prématurée, à une époque où les internationaux nigérians évoluaient davantage pour l’honneur que pour des contrats lucratifs en Europe.
**L’angoisse du verdict de la FIFA**
Aujourd’hui entraîneur adjoint des Abia Comets en NNL (deuxième division), l’ancien international observe avec inquiétude la situation précaire du Nigeria dans les qualifications pour la Coupe du Monde 2026. La sélection est actuellement suspendue à une décision de la FIFA concernant une plainte déposée contre la République Démocratique du Congo pour l’alignement supposé de joueurs inéligibles.
Face à l’approche imminente des barrages intercontinentaux en mars, Eguavoen utilise une métaphore locale pour illustrer l’impuissance de la Fédération nigériane dans ce dossier : « La FIFA tient l’igname et le couteau. Ils coupent pour qui ils veulent, peu importe la taille ». Pour le technicien, le sort du Nigeria dépend désormais entièrement du bon vouloir de l’instance internationale, sans aucune garantie de succès.
**La critique de la « culture de l’urgence »**
Au-delà de l’attente administrative, Monday Eguavoen identifie un mal plus profond : l’approche structurelle des compétitions. Il dénonce ce qu’il qualifie de « Fire Brigade Approach » (gestion de pompier), une culture de la réaction tardive et de l’urgence qui caractérise selon lui la gestion du football national.
Pour l’ancien défenseur, le Nigeria est le seul responsable de sa situation actuelle en ayant gaspillé des points cruciaux lors des phases de qualification. Cette nonchalance a transformé le « géant d’Afrique » en une équipe contrainte de calculer ses chances face à des adversaires qu’elle dominait historiquement. L’absence au Mondial 2022 au Qatar reste une plaie ouverte, et la perspective de manquer l’édition nord-américaine de 2026 constituerait, selon ses termes, une « blessure auto-infligée ».
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