FSF : élection contestée, tensions au Comex, les racines du malaise après le Mondial 2026

Le débat ne se limite plus au terrain. Après l’élimination du Sénégal en phase à élimination directe de la Coupe du monde 2026 face à la Belgique, les critiques se sont étendues à l’environnement des Lions et à la gestion fédérale. Le staff est pointé du doigt, mais la Fédération sénégalaise de football se retrouve elle aussi au centre des reproches.

Le retour aux origines de cette séquence ramène à l’assemblée générale élective du 2 août 2025. Abdoulaye Fall avait alors pris la tête de la FSF au second tour avec 322 voix, contre 30 pour Mady Touré. Mais le scrutin n’a pas refermé le dossier. Le candidat battu a dénoncé un processus compromis, évoqué des irrégularités et signalé un écart entre 509 suffrages exprimés et 510 annoncés dans la salle. Il a aussi accusé le camp adverse de corruption, des éléments rapportés dans le fil du récit publié par Enqueteplus. Sa demande d’annulation a ensuite été rejetée par la Commission de recours de la FSF, avant un recours porté devant le Tribunal arbitral du sport en septembre 2025.

Entre-temps, la nouvelle direction a lancé son mandat dans un calendrier chargé. La CAN 2025 au Maroc avait offert un répit au football sénégalais, avec un titre remporté par les Lions en finale contre le pays hôte. Mais cette période d’unité a été de courte durée. La réunion du Comité exécutif du 16 mars 2026 s’est tenue dans un climat de forte tension, avec des échanges houleux autour des indemnités perçues pendant le tournoi.

Plusieurs points ont cristallisé les désaccords. Des membres du Comex ont relevé un manque de clarté sur des primes de deux millions par match accordées à certains accompagnateurs, ainsi que sur des indemnités journalières de 60 000 FCFA pour les membres du comité. La gouvernance d’Abdoulaye Fall, avec le secrétaire général Abdoulaye Sow, a aussi été contestée en interne, certains responsables la jugeant clanique, opaque et exclusive.

La gestion de la billetterie du match amical contre la Gambie, disputé le 31 mars au stade Abdoulaye Wade de Diamniadio, a encore alimenté la contestation. Selon les éléments cités, des interrogations ont émergé autour de soupçons de conflit d’intérêts et de favoritisme, tandis que la mise en vente des tickets aurait été annoncée sans information officielle de la Commission des finances et de l’audit de la FSF. Le dossier électoral, lui, reste pendant devant la juridiction arbitrale de Lausanne.

0 Commentaires

Soyez le premier à commenter cet article.