Haïti-Brésil au Mondial 2026 : les Grenadiers veulent dépasser la fascination

3 confrontations, 3 défaites et 17 buts encaissés pour un seul marqué : Haïti retrouve le Brésil dans la nuit de vendredi à samedi, à Philadelphie, pour la deuxième journée du groupe C du Mondial 2026. Pour les Grenadiers, l’enjeu n’est pas seulement tactique, puisqu’il faut aussi gérer le poids symbolique d’un adversaire longtemps admiré dans le pays.

Cette relation particulière a été racontée par plusieurs acteurs haïtiens avant la rencontre. Carlens Arcus, latéral droit des Grenadiers formé un temps au Brésil, a rappelé combien la Seleção occupe une place forte dans l’imaginaire haïtien. Dans le football, le terme « bloc compact », utilisé pour décrire une équipe resserrée entre ses lignes afin de limiter les espaces, revient d’ailleurs dans l’analyse du sélectionneur brésilien Carlo Ancelotti, qui a insisté sur le sérieux de ce rendez-vous. Comme le rapporte RFI Sports, la presse brésilienne a très peu orienté ses questions vers Haïti lors de la conférence de presse du défenseur Gabriel, alors que le Brésil a déjà laissé deux points face au Maroc.

Ce contexte nourrit l’idée d’une ouverture pour Haïti, même si l’historique reste lourd. Les précédents duels avaient tourné à l’avantage du Brésil, en Copa América puis en matches amicaux, sans laisser beaucoup d’espace aux Grenadiers. Sébastien Migné, le sélectionneur français d’Haïti, a reconnu que plusieurs de ses joueurs admirent Vinicius, le numéro 7 auriverde, et il leur a demandé de transformer cette admiration en dépassement de soi.

Autour de l’équipe, cette opposition provoque aussi un tiraillement affectif. Marie Sophony Louis, ancienne joueuse devenue entraîneuse et journaliste, explique que le Brésil a longtemps représenté une équipe de substitution pour des supporters haïtiens peu habitués à voir leur sélection en Coupe du monde. Mais à l’approche du match, le soutien se concentre désormais sur les Grenadiers, avec parfois le souhait d’un nul entre les deux équipes de cœur.

Jean-Ricner Bellegarde, attaquant d’Haïti et joueur de Wolverhampton, dit sentir cette tension monter depuis plusieurs jours. Après un premier match sans réussite offensive contre l’Écosse, les Grenadiers comptent sur lui pour peser davantage devant. L’attaquant a résumé l’état d’esprit du vestiaire en rappelant que, malgré l’attachement d’une partie des Haïtiens au Brésil, son équipe vient avant tout jouer un match de Coupe du monde.

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