Quelques jours après le dénouement électrique de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations à Rabat, l’adrénaline est retombée mais les langues se délient sur l’un des épisodes les plus confus de la compétition. Alors que le Sénégal a décroché sa deuxième étoile au terme d’un scénario irrespirable, l’unique buteur de la rencontre est revenu sur la séquence qui a failli tout faire basculer : l’interruption volontaire du match par les Lions de la Teranga.
Le contexte de cette finale restera gravé dans les mémoires. Dans une ambiance surchauffée, la tension a atteint son paroxysme lorsque l’arbitre a accordé un penalty tardif au Maroc, quelques instants seulement après avoir refusé un but sénégalais pour une poussette. Furieux de ce qu’ils percevaient comme une injustice flagrante, les joueurs sénégalais ont quitté la pelouse, provoquant une interruption de plus de quinze minutes et des heurts en tribunes.
**Un mea culpa lucide**
Interrogé par la télévision française, dans des propos relayés par notre confrère *Complete Sports*, Pape Gueye a offert une lecture apaisée et critique de cet événement. Loin de chercher à justifier ce mouvement d’humeur collectif, le milieu de terrain de 26 ans a reconnu une erreur de jugement de la part du groupe.
« Nous ne sommes que des humains, nous avons réalisé notre erreur et nous sommes revenus », a admis le joueur, concédant que l’émotion avait pris le pas sur la raison dans un premier temps. « Tout le monde peut faire une erreur », a-t-il ajouté, soulignant la difficulté de gérer la pression d’une telle finale face au pays hôte.
**Le rôle capital du capitaine dans le vestiaire**
Si les Lions sont finalement revenus sur le rectangle vert pour terminer le travail, c’est grâce à l’intervention d’un homme. Pape Gueye a levé le voile sur ce qui s’est passé durant ces minutes de flottement, attribuant le mérite de ce retour au calme à Sadio Mané. Contrairement à ses coéquipiers, l’ancien attaquant de Liverpool était resté sur le terrain, avant d’exhorter ses partenaires à reprendre le combat.
« Il a trouvé les mots justes au bon moment et cela montre à quel point il est important pour nous », a précisé le buteur héroïque. « Nous lui devons un grand merci. »
Ce retournement psychologique s’est avéré décisif. À la reprise, Brahim Diaz a manqué sa tentative de panenka sur le penalty controversé. Galvanisés par cet échec marocain, les Sénégalais ont forcé la décision en prolongation grâce à un but de Gueye, offrant au Sénégal un deuxième titre continental et laissant le Maroc avec ses regrets, cinquante ans après son unique sacre.