La feuille de route est désormais tracée pour les Lions. Dans la perspective de la Coupe du Monde 2026, qui verra le Sénégal évoluer dans un groupe particulièrement dense aux côtés de la France et de la Norvège, la Fédération sénégalaise de football (FSF) a arrêté son programme de mars. Au menu : le Pérou le 28 mars en France, suivi d’un retour à Dakar pour affronter la Gambie le 31 mars. Une programmation qui, au regard du pedigree des futurs adversaires du Mondial, suscite des interrogations chez certains observateurs. Un scepticisme balayé par une voix autorisée du football sénégalais, qui rappelle que la valeur d’un match de préparation ne se lit pas toujours au classement FIFA.
Alors que le Sénégal s’apprête à défier des nations du top mondial cet été aux États-Unis, au Mexique et au Canada, le choix de se mesurer au Pérou (53e mondial) et à la Gambie (163e) peut sembler en décalage avec l’exigence du tournoi. Pourtant, pour Amara Traoré, ancien sélectionneur national interrogé par nos confrères de Wiw Sport, cette grille de lecture est incomplète. Le technicien insiste sur la dimension laboratoire de ces rencontres, bien plus que sur le prestige de l’affiche.
Pour étayer son propos, Amara Traoré convoque un souvenir précis, illustrant comment un match jugé mineur peut façonner un succès majeur. Il fait référence à une rencontre amicale contre le Kenya, décriée à l’époque, qui avait pourtant servi de socle à une évolution tactique décisive. « Lors de ce match, Pape [ndlr : le surnom souvent donné aux proches du staff ou au sélectionneur dans le milieu] avait essayé son 3-5-2. Il a osé le mettre en finale. En deuxième mi-temps, il a remis ce 3-5-2 qu’il avait déjà testé contre le Kenya », analyse l’ancien attaquant. Une manière de rappeler qu’un match amical sert avant tout à valider des « variantes » tactiques sans la pression du résultat immédiat.
Au-delà de l’aspect tactique, la gestion de la montée en puissance physique et mentale entre en ligne de compte. Si le Pérou offre une opposition sud-américaine technique, le duel face à la Gambie revêt l’intensité propre aux derbys régionaux. « Ce ne sera pas un match facile », prévient Traoré, qui voit dans cet enchaînement une préparation « étagée ». L’objectif n’est pas de jouer les plus gros tout de suite, mais d’arriver prêt le jour J.
Le technicien concède toutefois que l’idéal aurait été de se frotter à une nation européenne pour simuler les chocs contre la France ou la Norvège. Une contrainte de calendrier que la Fédération n’a probablement pas pu contourner, la plupart des sélections du Vieux Continent étant déjà engagées. « Il ne faut pas croire que la Fédération n’a pas cherché », conclut-il, invitant à faire confiance à la logique interne du staff technique.
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