« Je passe toute la journée sous le soleil » : ce second métier méconnu qui transforme le Ramadan de Birame Gningue en défi physique

Figure incontournable de l’arène sénégalaise, manager de lutteurs comme Nguel Dione ou Feu Rouge, Birame Gningue est souvent aperçu dans les médias ou les enceintes sportives. Pourtant, son quotidien durant le mois de Ramadan est rythmé par une activité bien plus exigeante physiquement, loin des caméras. Invité de l’émission *Ramadan des arènes* sur Lutte TV, il a levé le voile sur une facette laborieuse de sa vie qui impose une discipline de fer.

Derrière le costume de manager et de chroniqueur se cache un homme de terrain. Birame Gningue a profité de ce passage médiatique pour rappeler sa profession d’origine : maçon et entrepreneur en bâtiment. Une activité qu’il continue d’exercer quotidiennement, imposant une épreuve physique redoutable en période de jeûne. « Je passe difficilement ma journée puisque je suis un ouvrier », a-t-il confié à nos confrères. Son emploi du temps ne souffre aucun aménagement : départ à l’aube pour éviter les retards et présence continue sur les chantiers.

**La zone rouge de 14h à 17h**

Cette exposition constante aux éléments rend l’abstinence particulièrement éprouvante. Si la faim reste gérable pour le manager, la déshydratation constitue le véritable défi. « Je passe toute la journée sous le soleil », précise-t-il. Il identifie d’ailleurs une plage horaire critique : « Vers 14h, je ressens le besoin de voir de l’eau. Le moment le plus difficile, c’est entre 14h et 17h. Après, les choses reviennent doucement. » Une réalité brute qui contraste avec l’image souvent plus statique des acteurs de la lutte lors des face-à-face ou des émissions télévisées.

**Un regard critique sur la piété temporaire**

Au-delà de son expérience personnelle, Birame Gningue a livré une analyse tranchée sur les comportements sociaux observés durant ce mois sacré. S’il salue les élans de solidarité et les distributions de repas (ndogu) dans les rues, il regrette leur caractère éphémère. « Je suis contre le fait d’attendre le mois de ramadan pour le faire », affirme-t-il, rappelant que la précarité existe toute l’année.

Son constat est tout aussi sévère concernant la fréquentation des lieux de culte et les changements vestimentaires soudains. Pour le manager, la pratique religieuse ne doit pas être cyclique. « C’est regrettable. Les mosquées doivent être remplies 12 mois sur 12 », insiste-t-il, qualifiant ces changements temporaires d’inadéquation avec les valeurs islamiques qui exigent une constance sur « toute une vie ».

L’entretien s’est clos sur une note plus légère, Birame Gningue évoquant un souvenir d’enfance lié à une rupture involontaire du jeûne. Alors âgé d’une dizaine d’années, il avait consommé par mégarde un sachet de biscuits avec un cousin sur le chemin du retour de la carrière, avant de réaliser son erreur une fois rentré. Une anecdote qui humanise ce personnage central de l’actualité de la lutte, habitué aux négociations serrées et désormais connu pour son endurance sur les chantiers.

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