Le rendez-vous est fixé au 28 mars 2026. Dans l’enceinte mythique du Stade de France, les Lions du Sénégal doivent affronter le Pérou pour une rencontre de prestige censée célébrer la communion entre l’équipe nationale et sa diaspora européenne. Mais à quelques semaines du coup d’envoi, l’engouement laisse place à une grogne grandissante. En cause : une politique tarifaire jugée déconnectée de la réalité par une partie des supporters, qui n’hésitent pas à opposer les chiffres actuels à ceux des précédents rassemblements.
Selon les éléments rapportés par DS Sports, la grille tarifaire dévoilée pour cette affiche amicale fixe le prix d’entrée à 35 euros (environ 22 000 FCFA) pour la catégorie 5, avec des sommets atteignant 120 euros (près de 78 000 FCFA) pour les meilleures places. Une fourchette de prix qui tranche nettement avec les habitudes de la diaspora. Dans les discussions, un point de comparaison revient avec insistance : le match amical disputé contre la Bolivie à Orléans, avant la dernière Coupe du monde. À l’époque, les billets oscillaient entre 10 et 30 euros, permettant une mobilisation populaire massive et une ambiance festive.
**« Le peuple doit passer avant le prestige »**
Pour de nombreux observateurs et fans, le standing de l’adversaire peine à justifier cette inflation. Le Pérou, non qualifié pour le prochain Mondial, ne représente pas une affiche de gala comparable à un duel contre le Brésil ou l’Argentine. Boubacar Niang, ingénieur installé à Paris interrogé par nos confrères, illustre ce désarroi. Prévoyant initialement d’emmener toute sa famille, il se retrouve face à une facture potentielle de 400 euros (260 000 FCFA). « C’était une occasion pour la Fédération de faire communier l’équipe nationale avec la diaspora », regrette-t-il, avant d’ajouter : « Le Stade de France est prestigieux, mais le peuple doit passer avant le prestige. »
Le risque pour les organisateurs est désormais mathématique : remplir les 80 000 sièges de l’enceinte de Saint-Denis avec une telle barrière à l’entrée. Certains supporters suggèrent qu’un stade plus modeste en Île-de-France, comme Charléty ou Jean-Bouin, aurait garanti un guichet fermé et une ferveur plus intense.
**Un contexte extrasportif tendu**
Au-delà de l’aspect purement financier, cette polémique intervient dans un climat particulier. Une partie du public reproche aux instances et aux joueurs – à l’exception notée de Pape Matar Sarr – leur silence concernant la situation des supporters sénégalais retenus au Maroc depuis la finale de la CAN. Ce sentiment de décalage, couplé à des tarifs jugés élitistes, pourrait inciter de nombreux fans à privilégier leur écran de télévision plutôt que les gradins du Stade de France.

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