Lanterne rouge de Ligue 2, Amitié FC assume le pari radical qui a permis d’exporter un talent jusqu’à Liverpool

La dernière place au classement de Ligue 2 sénégalaise ne raconte qu’une partie de l’histoire d’Amitié FC. Si les résultats sportifs bruts placent le club dans une situation précaire, la direction technique maintient un cap bien précis, privilégiant la valorisation des actifs sur la performance immédiate. Une approche assumée par l’entraîneur Erol Malkoc, qui met en avant une stratégie de trading de joueurs capable de toucher les plus grands championnats européens.

Actuellement lanterne rouge du championnat, la formation basée à Thiès affiche des statistiques défensives alarmantes, avec le statut de pire défense de la division et 17 buts encaissés. Une friabilité que le technicien turc refuse d’imputer à un manque de talent, préférant l’expliquer par un choix structurel drastique concernant la moyenne d’âge de son effectif.

Selon les propos rapportés par DS Sports, Erol Malkoc justifie ces difficultés par l’extrême jeunesse de son groupe : « Nous jouons avec des jeunes nés en 2009 ou 2010 ». Cette politique de rajeunissement radical, si elle coûte des points à court terme, répond à l’objectif premier du club : l’exportation. « Si on peut monter c’est bien. Notre objectif est de former de jeunes joueurs, de les faire progresser et les transférer », précise l’entraîneur.

Le bilan sur le marché des transferts semble valider cette prise de risque sportive. Le club revendique plusieurs mouvements vers l’Europe, citant quatre départs vers la Ligue 2 française, deux au Portugal et un en Croatie. Plus notable encore, le technicien mentionne une connexion avec l’élite anglaise : « On est fier de voir un de nos joueurs partir à Liverpool ». Une réussite commerciale qui compense, aux yeux de la direction, les turbulences actuelles en championnat.

Sur le terrain, l’encadrement technique tente néanmoins de colmater les brèches. Erol Malkoc note une stabilisation récente du bloc équipe : « Derrière c’est plus équilibré et on joue avec des hommes plus forts pour sécuriser. Ils nous permettent aussi d’être présents sur les ballons que les attaquants peuvent dévier ». Chaque point est désormais jugé crucial pour la survie du club en deuxième division.

Au-delà des préoccupations de son club, le technicien turc porte un regard admiratif sur la santé globale du football sénégalais. Pour lui, le sacre continental des Lions n’est pas un accident mais le fruit de ce travail de formation local. Il se montre d’ailleurs ambitieux pour l’avenir de la sélection nationale : « On espère que les Lions iront loin en Coupe du Monde. Pourquoi pas la gagner, l’essentiel est d’y croire ».

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