C’est une page glorieuse mais tourmentée de l’histoire du football marocain qui se tourne brutalement. À moins de 100 jours du coup d’envoi de la Coupe du Monde 2026 organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, la sélection nationale change de visage. Lors d’une conférence de presse tenue tardivement ce jeudi, Walid Regragui a officialisé sa démission, marquant la fin d’une ère débutée en 2022.
Accompagné par Fouzi Lekjaa, président de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF), le technicien de 50 ans a justifié cette décision par une usure du discours et une nécessité de renouveau pour le groupe. « L’équipe a besoin d’un nouveau visage, d’une énergie différente et d’une nouvelle perspective avec un nouvel entraîneur », a déclaré Regragui, relayé par Complete Sports. « Je pense que l’équipe a besoin d’un nouveau souffle avant la Coupe du Monde, une nouvelle vision pour continuer à progresser. Ma décision de partir fait partie de l’évolution de cette équipe. »
Cette séparation intervient dans un climat post-CAN complexe. Si Regragui reste l’homme de l’épopée historique au Qatar en 2022 (demi-finale), la défaite dramatique en finale de la dernière Coupe d’Afrique des Nations face au Sénégal (0-1) à domicile en janvier avait fragilisé sa position. Son style de jeu, jugé trop défensif par certains observateurs, cristallisait les critiques malgré le soutien affiché de ses cadres, dont Achraf Hakimi qui a salué une « légende » sur le réseau social X.
**Un champion du monde U20 aux commandes**
Pour succéder au héros de 2022 dans l’urgence, la Fédération a opté pour la promotion interne et la continuité technique. C’est Mohamed Ouahbi qui récupère le poste de sélectionneur principal. Le Belgo-Marocain de 49 ans ne débarque pas en terrain inconnu : il sort d’un succès retentissant avec les U20 marocains, qu’il a conduits au titre de champions du monde de la catégorie.
Formateur reconnu ayant passé une grande partie de sa carrière à Anderlecht, Ouahbi a immédiatement cadré sa mission : « Je ne suis pas ici pour construire, car les fondations sont déjà en place. Je suis ici pour maintenir la performance. » Pour cette mission commando, il sera épaulé par un adjoint au CV prestigieux : le Portugais João Sacramento. Passé par le Paris Saint-Germain, ce dernier a notamment officié sous les ordres de José Mourinho à Tottenham et à l’AS Rome.
Ce nouveau ticket technique dispose désormais de trois mois pour préparer les Lions de l’Atlas au rendez-vous mondial, avec l’objectif de faire oublier la désillusion de la dernière finale continentale.
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