Pressenti pour prendre la tête du district de lutte de Guédiawaye, Mouhamed Chérif Diallo reste avant tout un homme de terrain à la tête de l’écurie Walfadjri. Interrogé par nos confrères de Record, repris par Lutte TV, le dirigeant a accepté de lever le voile sur son quotidien en période de Ramadan, livrant une anecdote familiale singulière sur ses premiers pas dans la pratique du jeûne.
Loin des bureaux administratifs, le patron de l’écurie Walfadjri maintient une routine millimétrée durant le mois béni. Sa journée débute dès la prière de l’aube, enchaînant sur ses obligations professionnelles avant de consacrer ses après-midis à son cercle amical et à la lecture du Coran. Contrairement à certains acteurs de l’arène qui s’entraînent à jeun, Mouhamed Chérif Diallo privilégie la prudence : sa séance de sport quotidienne n’intervient qu’une heure après la rupture du jeûne.
Si la gestion de la faim et de la soif semble maîtrisée, le dirigeant confesse une difficulté précise liée à une habitude ancrée : le café de 11 heures. « C’est le moment le plus difficile », admet-il, expliquant que l’arrêt brusque de cet excitant, consommé rituellement en milieu de matinée depuis onze mois, provoque chez lui une souffrance physique réelle, bien plus que l’absence de nourriture.
La protection paternelle et le mythe des deux dieux
Au-delà des contraintes physiologiques actuelles, c’est le souvenir de ses débuts précoces, avant l’âge de dix ans, qui marque le récit. Fils de policier, le jeune Mouhamed a été confronté à une pédagogie paternelle particulière. Son père, soucieux de ne pas voir ses enfants s’affaiblir physiquement, avait mis en place un stratagème psychologique pour encadrer leur ferveur religieuse.
« Il nous faisait croire qu’il y avait deux dieux : un pour les grands, un autre pour les petits », raconte le président de l’écurie Walfadjri. Cette fiction bienveillante autorisait les enfants à s’alimenter à midi sous l’égide du « dieu des petits », avant de reprendre le jeûne. Une méthode que Mouhamed Chérif Diallo analyse aujourd’hui avec lucidité : « C’est en grandissant que j’ai compris qu’il faisait cela pour protéger ses enfants de la faim », tout en précisant que le plateau royal offert à la rupture servait de motivation finale.
Sur le plan social, l’homme fort de Walfadjri salue la solidarité unique qui s’empare des rues sénégalaises à l’heure du « Ndogou », qualifiant ces distributions de repas aux passants de « recommandation divine » et de marqueur identitaire fort du pays. Quant aux changements comportementaux et vestimentaires observés durant le mois, il les accueille avec philosophie, espérant simplement que ces corrections d’attitudes perdurent au-delà des trente jours sacrés.
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