Malgré des tensions internes liées au temps de jeu, Khalil Ben Youssef justifie sa méthode en s’appuyant sur un binôme invaincu en 2024

La gestion d’un effectif pléthorique en pleine campagne africaine impose des choix parfois impopulaires, mais les résultats sur le terrain offrent souvent la meilleure des immunités aux techniciens. Alors que les Kaizer Chiefs enchaînent les rencontres décisives entre championnat et Coupe de la Confédération, le staff technique a dû trancher dans le vif pour maintenir la compétitivité de l’équipe. Une décision qui a fait des déçus au sein du vestiaire, mais qui se justifie par l’émergence d’une paire de milieux de terrain dont l’association coïncide avec une série d’invincibilité impressionnante.

Khalil Ben Youssef, co-entraîneur des Amakhosi, ne s’en cache pas : la rotation de l’effectif ne fait pas l’unanimité. « Je pense que beaucoup de gens se mettent en colère quand on fait tourner, et quand on garde la même équipe, ils sont aussi en colère et demandent pourquoi on ne change pas », a confié le technicien tunisien à Sportswire. Une équation complexe à résoudre, surtout après une longue trêve suivie d’un calendrier démentiel imposant un match tous les trois jours, souvent à l’extérieur.

Au cœur de ce dispositif, deux hommes ont pris le pouvoir dans l’entrejeu : Siphesihle Ndlovu et Lebohang Maboe. Depuis la reprise de la seconde partie de saison, leur titularisation conjointe est devenue un gage de sécurité absolue pour le club de Soweto. La statistique est sans appel : cette année, les Chiefs n’ont ni perdu ni même concédé le moindre match nul lorsque Ndlovu et Maboe débutent ensemble la rencontre. Cette solidité s’est encore vérifiée dimanche dernier lors de la victoire étriquée mais précieuse contre Al Masry en phase de groupes de la Coupe de la Confédération.

Cette complémentarité n’est pas le fruit du hasard. Les deux joueurs, arrivés libres cette saison en provenance respectivement de SuperSport United et des Mamelodi Sundowns, se connaissent par cœur. Naturena est le troisième club où ils évoluent ensemble, après avoir bâti leur réputation à Maritzburg United (Durban City) et collaboré la saison dernière à SuperSport. Bien qu’ils n’aient ni marqué ni délivré de passe décisive cette saison, leur influence sur l’équilibre de l’équipe dépasse les simples lignes statistiques.

A contrario, l’absence de ce binôme au coup d’envoi se fait sentir. Lors de la défaite en Nedbank Cup contre Stellenbosch, Maboe avait débuté sur le banc tandis que Ndlovu était titulaire. Les deux hommes n’avaient pas foulé la pelouse simultanément, Ndlovu ayant été remplacé avant l’entrée de son partenaire, une gestion dictée par l’enchaînement des matchs selon Ben Youssef.

« Maboe et Ndlovu nous apportent beaucoup de stabilité », analyse Ben Youssef. « Cela nous donne beaucoup de qualité et de puissance à l’intérieur du jeu. » Une assurance tous risques sur laquelle le staff compte s’appuyer pour le déplacement périlleux en Égypte ce dimanche. Face au Zamalek, l’expérience continentale des deux milieux, rodés aux joutes de la Ligue des Champions et de la Coupe de la Confédération, sera un atout majeur pour valider une place en quarts de finale.


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