L’entrée en matière dans ces éliminatoires du Mondial 2027 aura eu le mérite de la clarté. Surpris d’entrée par la Côte d’Ivoire avant de rectifier le tir contre Madagascar et la RD Congo, le Sénégal boucle sa semaine dakaroise sur un bilan comptable positif mais perfectible. Si la réaction d’orgueil et les ajustements défensifs ont rassuré le staff technique, le sélectionneur Desagana Diop se projette déjà sur la fenêtre de juillet avec une certitude : l’effectif actuel devra s’ouvrir à une catégorie de joueurs bien précise, restée hors de portée lors de ce rassemblement.
Le technicien sénégalais ne cache pas son pragmatisme à l’heure du bilan. Avec deux victoires pour une défaite, l’objectif initial du carton plein n’est pas atteint, mais l’essentiel est préservé dans ce format marathon. « On voulait gagner les trois matchs, mais le bilan reste positif », confie-t-il à nos confrères de Wiw Sport. La satisfaction principale réside dans la capacité de réaction du groupe, notamment dans le secteur défensif, véritable baromètre des Lions.
Cette solidité retrouvée après le couac ivoirien s’explique par une contrainte de temps désormais identifiée. Avec seulement trois jours de préparation collective, les automatismes défensifs ont manqué de fluidité lors de l’ouverture. « On a vu la différence dès le deuxième match », note l’ancien joueur NBA, soulignant que les erreurs de placement ne se sont plus reproduites une fois la machine lancée. Une montée en puissance qui valide, selon lui, l’adage selon lequel « la meilleure attaque, c’est la défense ».
Cependant, c’est bien la composition du groupe pour la prochaine échéance qui occupe l’esprit du sélectionneur. La fenêtre de juillet offrira un temps de préparation plus conséquent — deux à trois semaines — et surtout la possibilité de lever un obstacle majeur rencontré cet hiver. Desagana Diop a confirmé son intention de puiser dans le vivier des universitaires évoluant aux États-Unis, notamment ceux de Georgia Tech, absents à Dakar pour une raison administrative simple : leurs établissements ne les ont pas libérés en pleine saison universitaire.
« C’est le principal problème », admet Diop, qui a déjà échangé avec la présidence de la fédération pour anticiper ces mouvements. L’été prochain, ces jeunes talents seront disponibles, offrant une profondeur de banc qui a fait défaut face à la Côte d’Ivoire. Cette ouverture vers l’Amérique du Nord ne ferme pas la porte aux talents locaux. En concertation avec le Directeur Technique National et son staff, le sélectionneur assure que la méritocratie prime : « Si les joueurs locaux sont meilleurs, je les sélectionnerai. »
Ce tournoi a également permis de mesurer la ferveur intacte autour de la balle orange au Sénégal. Habitué aux parquets américains depuis plus de vingt-cinq ans, Desagana Diop place l’ambiance de Dakar au-dessus des standards de la NBA, saluant un public « unique » qui justifie, selon lui, les efforts continus de l’État pour investir dans les infrastructures sportives.
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