Si le Sénégal a validé sa performance sur le terrain lors de la CAN 2025, les incidents survenus en marge de la compétition continuent d’alimenter les débats au sein des instances dirigeantes. Au-delà du score final favorable aux Lions, les manœuvres et dysfonctionnements observés durant le tournoi ouvrent la porte à une riposte juridique structurée, visant à assainir l’environnement du football continental.
Pour porter ces griefs devant la plus haute juridiction sportive, le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), le parcours obéit à une codification stricte. Selon les éléments rapportés par Le Soleil Sports, la Fédération Sénégalaise de Football (FSF), tout comme d’autres nations s’estimant lésées, ne peut saisir directement l’instance de Lausanne. La procédure exige l’épuisement préalable des voies de recours internes. Une décision définitive doit d’abord être rendue par la Commission de Discipline ou le Jury d’Appel de la Confédération Africaine de Football (CAF).
Ce n’est qu’une fois cette notification reçue que le compte à rebours s’enclenche. La partie plaignante dispose alors d’un délai, généralement fixé à 21 jours, pour déposer une déclaration d’appel auprès du TAS. Le dossier est ensuite confié à un panel de trois arbitres : un désigné par chaque partie et un président nommé par le tribunal, garantissant une indépendance vis-à-vis des instances politiques du football.
Sur le fond, l’argumentaire juridique repose sur plusieurs textes fondamentaux. Les plaignants peuvent invoquer le Code d’Éthique de la FIFA, ciblant spécifiquement la corruption, les conflits d’intérêts ou l’acceptation de cadeaux. Le règlement de la CAN impose également au pays hôte une obligation de résultat concernant l’équité sportive et la sécurité des délégations. Le principe général du « Fair-Play » constitue un autre levier pour sanctionner tout comportement dénaturant l’esprit de la compétition.
Les prérogatives du TAS dans ce cas de figure sont étendues. Si des preuves tangibles de corruption ou de déstabilisation sont apportées, les juges peuvent prononcer des amendes lourdes contre les fédérations ou la CAF, et suspendre des dirigeants, quel que soit leur rang. L’objectif affiché par cette démarche, souligné par notre confrère Mamadou Kassé, n’est pas de revenir sur un résultat sportif déjà acquis par le Sénégal, mais de restaurer « l’esprit et la lettre » de la loi. La démarche vise à établir une jurisprudence ferme pour empêcher que de tels précédents ne se reproduisent lors des prochaines échéances, notamment la Coupe du Monde 2026.