C’est une lecture à deux vitesses que propose le dernier bilan financier de Manchester United. Alors que le club évolue cette saison sans les revenus de la Ligue des Champions, la direction a réussi le tour de force de présenter un résultat opérationnel positif pour le premier semestre de l’exercice fiscal. Une embellie comptable qui cache cependant une donnée structurelle beaucoup plus inquiétante, confirmée par les documents officiels consultés par notre rédaction via PLZ Soccer.
L’austérité a porté ses fruits, du moins sur la ligne des profits. Pour les six premiers mois de l’année fiscale, Manchester United a généré un bénéfice d’exploitation de 32,6 millions de livres sterling (environ 25 milliards FCFA). Le contraste est saisissant avec la même période l’année précédente, où le club affichait une perte de 3,9 millions de livres. Sur le dernier trimestre seul, le bénéfice atteint 19,6 millions de livres.
Omar Berrada, le directeur général du club, attribue ces résultats à la « transformation hors terrain ». Une formule qui désigne principalement le vaste programme de restructuration et de réduction des effectifs piloté par l’actionnaire minoritaire Sir Jim Ratcliffe. « Nous voyons maintenant l’impact financier positif de la réduction des coûts et des programmes de réduction des effectifs mis en œuvre l’année précédente », précise le communiqué du club.
Mais derrière cette gestion rigoureuse des coûts se dresse un mur de dettes qui ne cesse de s’élever. Les chiffres révèlent que la dette totale du club approche désormais la barre symbolique et effrayante de 1,3 milliard de livres sterling (1,29 milliard exactement). Ce montant inclut la dette liée au rachat par effet de levier de la famille Glazer, plus de 500 millions de livres d’autres passifs cotés, et l’utilisation récente de 25 millions supplémentaires sur la facilité de crédit renouvelable du club.
Le service de cette dette reste un poids constant, même si les paiements d’intérêts ont baissé à 13,9 millions de livres sur le dernier trimestre, contre 37,6 millions l’année précédente. Ces obligations financières rendent impératif un retour rapide au premier plan européen.
Sur le plan sportif, la situation semble justement se stabiliser. L’équipe masculine, désormais dirigée par Michael Carrick suite au limogeage de Ruben Amorim, a réussi à se hisser à nouveau dans le top 4 de la Premier League. De son côté, l’équipe féminine performe sous les ordres de Marc Skinner, occupant la deuxième place de la Women’s Super League et ayant atteint les quarts de finale de la Ligue des Champions.
Malgré une baisse des revenus commerciaux (de 85,1m£ à 78,5m£) et des recettes jours de match, Manchester United maintient ses prévisions annuelles, tablant sur un chiffre d’affaires global compris entre 640 et 660 millions de livres pour l’exercice complet.


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