À quelques jours du match contre le Brésil dans le groupe C, les Lions de l’Atlas abordent leur entrée en lice avec deux absences majeures. Abdessamad Ezzalzouli et Nayef Aguerd ont déclaré forfait sur blessure, un contretemps qui touche le Maroc avant le début du tournoi.
Ezzalzouli s’est blessé au genou lors du dernier match de préparation, tandis qu’Aguerd n’a pas terminé sa récupération après une opération à l’aine. Ce nouveau double coup dur s’inscrit dans une série de pépins physiques relevée par Yabiladi, avec plusieurs précédents récents autour d’internationaux marocains lors des grandes compétitions.
Pour les journalistes interrogés, l’explication dépasse la seule malchance. El Abadi, journaliste franco-marocain à Canal+ et auteur de The History of African Football, évoque une accumulation des rencontres et de la fatigue. Il rappelle que beaucoup d’internationaux marocains évoluent dans des championnats européens où ils disputent entre 50 et 60 matchs par saison. Mustapha Esadik, journaliste basé aux Pays-Bas, avance la même idée et souligne l’enchaînement entre championnat, coupe, compétitions européennes et rendez-vous internationaux. Dans ce contexte, la rééducation d’Aguerd apparaît comme un cas distinct, El Abadi notant que le défenseur a connu plusieurs soucis physiques ces dernières années.
Concrètement, cette situation pose la question de la profondeur d’effectif du Maroc. En football, la profondeur de banc désigne la capacité d’une sélection à remplacer des titulaires par des joueurs capables de maintenir le niveau collectif. Pour El Abadi, le groupe construit par Ouahbi offre davantage de solutions qu’auparavant, même si l’absence d’Ezzalzouli peut obliger à revoir certains automatismes.
Esadik se montre plus réservé sur ce point. Il estime qu’un écart peut exister entre les 15 meilleurs joueurs du groupe et le reste de l’effectif, ce qui limiterait la marge du Maroc en cas de nouveaux forfaits. El Abadi relie, lui, cette séquence à l’idée d’un collectif moins dépendant des individualités, dans la continuité de la philosophie mise en place par Ouahbi avec la sélection marocaine U20.
Les deux observateurs cités rappellent enfin que la question ne se limite pas à deux noms, mais à la gestion d’un groupe sur toute la durée du tournoi. Esadik mentionne notamment l’enchaînement des compétitions pour un joueur comme Achraf Hakimi, entre Jeux Olympiques 2024, Coupe du monde des clubs 2025, CAN et Coupe du monde 2026.

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