Il portait encore récemment le maillot bleu, mais c’est avec celui du Maroc qu’Ayyoub Bouaddi s’avance désormais vers un quart de finale du Mondial 2026 contre la France. Le milieu de terrain de 18 ans, formé à Lille, s’est installé dans l’effectif des Lions de l’Atlas après avoir représenté les sélections françaises de jeunes dans toutes les catégories d’âge.
Fin mars, Bouaddi était titulaire avec les Espoirs de Gérald Baticle lors d’un match de qualification à l’Euro contre l’Islande, après avoir porté quelques jours plus tôt le brassard de capitaine au Luxembourg. En sélection, un quart de finale désigne un match à élimination directe : le vainqueur poursuit sa route, tandis que le perdant quitte la compétition. Cette fois, le Franco-Marocain sera aligné dans le camp marocain, aux côtés d’Achraf Hakimi, Brahim Diaz et Neil El-Aynaoui.
Un choix accéléré par la perspective du Mondial
Titulaire lors de quatre des cinq premières rencontres du Maroc dans ce tournoi, Bouaddi a déjà pris une place importante au milieu. Lors du premier match face au Brésil, conclu sur un score de 1-1, il avait marqué les esprits par son activité et sa maîtrise. Comme l’a rapporté Charentelibre, le joueur né en 2007 à Senlis, dans une famille marocaine, et grandi à Creil, a aussi été sensible à la possibilité de disputer cette Coupe du monde dès cette année.
La Fédération marocaine travaille depuis plusieurs années sur le dossier des binationaux, avec une cellule de détection en Europe. Son directeur technique, Fathi Jamal, a décrit un « modèle hybride et intelligent », qui repose à la fois sur la formation locale et sur le suivi des jeunes talents évoluant hors du pays. Dans le cas de Bouaddi, cet environnement s’est ajouté à une situation sportive claire : le Maroc pouvait lui offrir rapidement une place dans un grand tournoi.
Côté français, Hubert Fournier a reconnu auprès de The Athletic que le joueur suivait tout le parcours des sélections et qu’il figurait dans une liste élargie, sans garantie immédiate de Coupe du monde. Guy Stéphan a ensuite rappelé la forte concurrence au milieu chez les Bleus, en citant notamment Tchouaméni, Rabiot, Kanté, Zaïre-Emery et Koné. En avril, Bouaddi avait lui-même résumé sa décision sur les réseaux sociaux, en expliquant que son choix n’enlevait rien à sa fierté d’avoir porté le maillot français chez les jeunes et qu’il restait attaché à sa double culture et à ses racines.

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