« Mon cœur n’aime pas ça » : Arne Slot cible l’évolution tactique précise qui gâche le spectacle en Angleterre

L’entraîneur de Liverpool a jeté un pavé dans la mare concernant l’attractivité réelle du championnat anglais. Bien que reconnaissant l’intensité unique de la compétition, le technicien néerlandais déplore une évolution stylistique majeure qui, selon lui, nuit considérablement à la beauté du jeu et au plaisir du spectateur.

Arne Slot ne mâche pas ses mots. Interrogé par Hayters sur son appréciation du football pratiqué outre-Manche, le coach des Reds a livré une analyse sans concession. Pour lui, la majorité des rencontres actuelles en Premier League ne procurent plus de « joie » au spectateur puriste, une situation qu’il attribue directement à l’importance démesurée prise par les coups de pied arrêtés et à la permissivité arbitrale dans la surface.

« Il faut l’accepter, c’est la réalité ici », concède-t-il. Cependant, la comparaison avec d’autres championnats est brutale aux yeux du Néerlandais. Slot note qu’en Eredivisie, les charges sur les gardiens sont sanctionnées, alors qu’en Angleterre, « on peut presque frapper un gardien au visage » sans que le jeu ne s’arrête. Cette hachure constante du rythme contraste avec le football qu’il idéalise, citant le FC Barcelone d’il y a dix ou quinze ans comme référence absolue du plaisir visuel, une époque où l’on attendait le match du dimanche soir avec impatience.

Si le technicien reconnaît que l’incertitude du résultat fait la grandeur commerciale et sportive de la Premier League — « tout le monde peut battre tout le monde », contrairement aux écarts de quatre ou cinq buts fréquents par le passé —, son « cœur de football » reste sur sa faim. Il observe une uniformisation physique et tactique où les équipes sont devenues beaucoup plus fortes athlétiquement, réduisant les espaces d’expression technique.

Cette mutation profonde ne semble pas près de s’inverser. Arne Slot remarque que cette obsession pour les phases arrêtées descend désormais jusqu’au football amateur et aux catégories de jeunes de 16 ans. « C’est la nouvelle réalité. J’ai mon opinion là-dessus, mais cela ne changera rien », conclut-il avec fatalisme.

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