« L’Afrique est en train de rattraper son retard sur l’Europe. » C’est la lecture livrée par Abdoulaye Thiam au sujet de la Coupe du monde 2026, marquée par la présence de dix équipes africaines, un total présenté comme un record historique. Le journaliste de Sud Quotidien, également président de la section Afrique de l’Association internationale de la presse sportive, relie cette progression aux parcours du Cameroun en 1990, du Sénégal en 2002, du Ghana en 2010 et du Maroc en 2022.
Pour expliquer cette évolution, il met en avant plusieurs leviers. Il cite d’abord les investissements dans les structures, avec l’exemple du Maroc. Il évoque aussi les programmes « Goal » puis « Forward », qui ont aidé des fédérations africaines à disposer de sièges et de moyens supplémentaires. Dans cet échange diffusé par RFI, Abdoulaye Thiam insiste également sur le rôle des centres de formation, en mentionnant Génération Foot au Sénégal et Diambars. Un contentieux, au sens juridique du terme, désigne ici le litige entre parties. Selon lui, ce dossier entre le Sénégal, la CAF et le Maroc ne doit pas détourner les Lions de leur préparation.
Sur ce point, il estime que les joueurs sénégalais sont restés concentrés sur la Coupe du monde. Il rappelle que le dossier doit encore passer devant le Tribunal arbitral du sport, la juridiction qui tranche certains litiges du sport international. Abdoulaye Thiam dit attendre une décision après la compétition, en août ou en septembre, sans avancer de certitude sur la date. Il ajoute que, selon lui, la sanction ne peut pas aller jusqu’au retrait d’un trophée déjà remporté en Coupe d’Afrique des nations, et rappelle que le sélectionneur comme des joueurs sénégalais ont déjà été sanctionnés.
L’entretien aborde aussi la grâce accordée par le roi Mohammed VI aux quinze derniers supporters sénégalais détenus au Maroc. Abdoulaye Thiam ne voit pas dans la présence du président Bassirou Diomaye Faye à leur accueil à l’aéroport de Dakar un acte anormal. Il considère qu’un chef d’État peut se mettre en avant quand la sélection nationale ou un dossier lié au football produit un effet positif dans l’opinion. Il ajoute toutefois que cette séquence tombe bien pour le président sénégalais, qu’il présente comme le bénéficiaire d’une victoire diplomatique.

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