« Nous sommes en 2026 » : le message désabusé qui accompagne l’ouverture d’une enquête pour quatre joueurs de l’élite

Ce devait être un week-end de football ordinaire en Angleterre, rythmé par les résultats de la Premier League et du Championship. Il s’est transformé en une nouvelle séquence sombre pour le football britannique, obligeant les autorités policières à intervenir en urgence. L’Unité de police du football britannique (UKFPU) a confirmé avoir reçu quatre signalements distincts en l’espace de trois jours, visant plusieurs figures du championnat, dont deux internationaux africains, ciblés par une vague de haine en ligne après leurs performances respectives.

L’attaquant nigérian de Wolverhampton, Tolu Arokodare, figure parmi les victimes de ce déferlement numérique. Après avoir manqué un penalty lors de la défaite des siens face à Crystal Palace (1-0) ce dimanche, le joueur a reçu une multitude de messages à caractère raciste sur ses réseaux sociaux. Une situation similaire a touché le milieu de terrain tunisien de Burnley, Hannibal Mejbri, ainsi que le Français de Chelsea, Wesley Fofana, et le joueur de Sunderland, Romaine Mundle.

Selon les informations rapportées par PLZ Soccer, la lassitude des joueurs est palpable face à la récurrence de ces attaques. Wesley Fofana a partagé certaines des insultes reçues en commentant avec amertume : « 2026, c’est toujours la même chose, rien ne change. Ces gens ne sont jamais punis. Vous créez de grandes campagnes contre le racisme, mais personne ne fait rien. » Hannibal Mejbri a lui aussi réagi via une story Instagram, exhortant les auteurs de ces messages à « s’éduquer eux-mêmes ainsi que leurs enfants ».

Face à cette recrudescence, la police a adopté un ton particulièrement ferme. Mark Roberts, chef de l’UKFPU, a lancé un avertissement direct ce lundi : « Il n’y a absolument aucune place pour les abus racistes, que ce soit en ligne ou en personne. Quiconque croit pouvoir se cacher derrière son clavier devrait y réfléchir à deux fois. » L’officier a promis que ses équipes feraient « tout leur possible pour identifier les responsables et les traduire en justice ».

Cette série d’incidents intervient dans un contexte où la justice britannique tente de serrer la vis. Un homme, Nigel Dewale, doit d’ailleurs être condamné le 25 mars prochain après avoir plaidé coupable pour des faits similaires commis lors de l’Euro féminin l’été dernier. De son côté, l’organisation Kick It Out a publié un communiqué dimanche soir pour exprimer sa solidarité envers Arokodare, régulièrement appelé chez les Super Eagles, et les autres joueurs visés, martelant que « l’action doit suivre » les paroles.

La Premier League s’est engagée à soutenir les enquêtes internes lancées par Wolverhampton et Sunderland, promettant des « conséquences graves » pour les coupables identifiés.

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