Souvent réduite à une simple pause récréative ou à une dépense d’énergie nécessaire, l’Éducation Physique et Sportive (EPS) occupe une place bien plus stratégique dans le cursus de l’élève. Au-delà de la santé physique, la discipline agit sur des leviers cognitifs et sociaux profonds. C’est ce que démontre une analyse détaillée du rôle de cette matière au Sénégal, mettant en lumière des bénéfices académiques souvent insoupçonnés par le grand public.
La pratique du sport en milieu scolaire ne se limite pas à courir ou à marquer des points. Selon les explications de Coumba Camara, professeure d’EPS interrogée par Le Soleil Sports, la discipline constitue un « outil pédagogique » complet qui façonne l’élève dans sa globalité. Loin d’être déconnectée des matières dites intellectuelles, l’activité physique les nourrit directement.
Un impact direct sur les capacités cognitives
L’aspect le plus marquant de cette analyse réside dans le lien établi entre l’effort physique et le cerveau. Les situations variées rencontrées lors des cours d’EPS obligent les apprenants à mobiliser l’analyse, la réflexion et la prise de décision rapide. Coumba Camara est formelle sur les répercussions académiques de ces mécanismes : « La pratique régulière de l’activité physique et sportive améliore la concentration et facilite la mémorisation intellectuelle. »
Le sport scolaire devient ainsi un vecteur de performance pour les autres disciplines, développant des compétences transversales indispensables à la réussite scolaire.
L’apprentissage de la vie en société
Outre les facultés intellectuelles, l’EPS joue un rôle régulateur sur le plan émotionnel. Pour les plus jeunes, elle permet de canaliser un surplus d’énergie et de dépasser l’égocentrisme naturel pour faciliter l’intégration sociale. Les jeux collectifs et les règles qui les régissent transforment le terrain de sport en un laboratoire du « vivre-ensemble ».
Cette dimension sociale s’appuie sur des valeurs précises. La professeure évoque le développement de la « camaraderie agissante », de la solidarité et de la communication. L’élève apprend à diriger, à s’organiser, mais aussi à respecter des règles collectives, des compétences de vie essentielles pour son avenir citoyen.
Ancrage culturel et rôle de l’enseignant
L’éducation par le sport au Sénégal s’appuie également sur des références culturelles fortes. Mme Camara cite notamment le « Diom » (courage), la dignité et la résilience comme valeurs intrinsèques transmises aux apprenants. Dans ce dispositif, l’enseignant d’EPS endosse une responsabilité particulière : celle d’un modèle capable de créer un climat sain, d’appliquer des règles claires associant sanctions et récompenses, et d’enseigner la résolution pacifique des conflits.
L’objectif final reste l’inclusion. Les cours sont pensés pour permettre à chaque élève, quelles que soient ses aptitudes, de s’exprimer et de réussir, faisant de l’EPS un espace d’égalité et de valorisation individuelle au service du collectif.
0 Commentaires
Soyez le premier à commenter cet article.
Connectez-vous pour laisser un commentaire.