Privée de compétition par son corps, une figure du taekwondo sénégalais s’ouvre une voie royale vers les Jeux de Paris

C’est un parcours marqué par la résilience et une passion inaltérable pour les arts martiaux. Figure incontournable de sa discipline au Sénégal, Seynabou Diouf incarne aujourd’hui la réussite d’une reconversion sportive au plus haut niveau. Passée du statut d’athlète d’élite à celui de cadre technique, elle s’impose désormais dans un rôle crucial où la représentation africaine reste un enjeu majeur.

Son histoire avec le taekwondo est avant tout une affaire d’héritage. Fille de l’un des précurseurs de ce sport au Sénégal, Seynabou Diouf a gravi tous les échelons, de la simple pratiquante à l’équipe nationale. Sa carrière de combattante l’a menée jusqu’en quarts de finale des Championnats du monde en Allemagne, en 2006. Pourtant, cette ascension s’est brisée net sur un diagnostic médical sans appel. « Suite à un problème persistant au genou, j’ai été obligée d’arrêter la compétition », confie-t-elle à nos confrères du *Soleil Sports*. Une fin de parcours brutale qui aurait pu l’éloigner définitivement des tatamis.

Le refus d’abandonner sa discipline l’a poussée à explorer d’autres facettes du haut niveau. D’abord entraîneure nationale adjointe, puis responsable de l’équipe féminine, elle a finalement trouvé sa nouvelle vocation dans l’arbitrage. Cette transition s’est avérée payante : Seynabou Diouf, désormais arbitre internationale de 2e degré et ceinture noire 4e Dan, a intégré la liste restreinte des 270 meilleurs arbitres mondiaux présélectionnés pour les tests des Jeux Olympiques de Paris 2024.

Actuelle première vice-présidente de la Fédération sénégalaise de taekwondo, elle porte un regard lucide sur l’évolution de son sport. Si elle salue les progrès des athlètes sénégalais sur la scène internationale, elle pointe un déficit structurel dans le corps arbitral. « Nous avons des représentants sénégalais dans l’arbitrage international, mais leur nombre reste limité par rapport au potentiel et au talent de notre pays », analyse-t-elle. Pour y remédier, l’officielle plaide pour une stratégie de formation continue et une multiplication des stages pratiques, seule voie pour garantir une présence sénégalaise durable dans les instances décisionnelles des compétitions mondiales.

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