Quarante ans après sa dernière organisation, le Sénégal active son plan pour récupérer la CAN lors de cette édition spécifique

La modernisation des infrastructures sportives sénégalaises ne répond pas seulement à une exigence de développement local, mais s’inscrit désormais dans une stratégie diplomatique et sportive de premier plan. Alors que les chantiers se multiplient à travers le pays, une réunion au sommet entre deux ministères clés a permis de définir le cap et de dévoiler l’ambition réelle qui motive cette accélération soudaine.

Khady Diène Gaye, ministre de la Jeunesse et des Sports, et Déthié Fall, ministre des Infrastructures, ont tenu une séance de travail conjointe pour harmoniser leurs actions. L’objectif affiché lors de cette rencontre est de dresser un état des lieux sans concession des projets en cours. Selon les éléments rapportés par nos confrères de Le Soleil Sports, cette collaboration vise à corriger les dysfonctionnements passés et à garantir que les délais de livraison soient, cette fois, scrupuleusement respectés.

Au centre des discussions, le maillage territorial a été érigé en priorité. Les infrastructures régionales de Saint-Louis, Kédougou et Sédhiou concentrent l’attention des services techniques, tout comme le stade de Cambérène dans la région de Dakar. Parallèlement, la transformation du Centre national d’éducation populaire et sportive (CNEPS) de Thiès en un centre de haute performance se précise, appuyée par la coopération chinoise. Si le ministère des Infrastructures assure l’exécution technique, la vision stratégique et la validation des besoins restent du ressort du département des Sports.

**Un objectif chiffré pour une échéance historique**

Cette mobilisation des services de l’État n’est pas fortuite. Elle sert une ambition nationale précise : positionner le Sénégal comme candidat crédible à l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2032. Quarante ans après l’édition de 1992, le pays de la Téranga souhaite accueillir de nouveau le continent. Pour y parvenir, le cahier des charges est clair : le gouvernement entend disposer de six stades répondant aux normes strictes de la FIFA.

Ce positionnement intervient dans un contexte continental mouvant. Si l’édition 2027 a été attribuée au trio Kenya-Ouganda-Tanzanie, des retards dans les travaux ont été relevés lors des récentes inspections de la Confédération Africaine de Football (CAF). Cette situation alimente les spéculations sur un possible glissement du calendrier, qui pourrait repousser l’édition 2027 à 2028. Dans cette configuration, la fenêtre de 2032 deviendrait l’échéance naturelle pour une nouvelle candidature sénégalaise, justifiant l’urgence actuelle de la mise à niveau des infrastructures.

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