Kinshasa ne servira finalement pas de base de préparation à la sélection de la RD Congo avant la Coupe du monde. La fédération congolaise a annulé le stage prévu dans la capitale et a choisi de transférer cette phase de travail en Belgique, alors qu’une flambée d’Ebola touche l’est du pays.
Ce changement intervient dans un contexte sanitaire sensible. L’Organisation mondiale de la santé a qualifié la situation d’« urgence de santé publique de portée internationale », tout en précisant qu’il ne s’agissait pas d’une pandémie. La sélection congolaise, qui se prépare pour sa première participation au Mondial depuis 1974, maintient néanmoins ses matches amicaux en Europe.
Des restrictions de voyage au cœur de la décision
Le porte-parole de l’équipe nationale, Jerry Kalemo, a indiqué dans des déclarations relayées par les médias internationaux et notamment par BBC Football que les rencontres de préparation seraient bien conservées. La RD Congo doit affronter le Danemark le 3 juin en Belgique, puis le Chili le 9 juin en Espagne.
La raison immédiate de l’annulation du stage à Kinshasa est liée aux restrictions d’entrée imposées par les États-Unis, l’un des pays hôtes du Mondial avec le Mexique et le Canada. Reuters précise que les autorités sanitaires américaines interdisent l’accès au territoire aux non-Américains ayant séjourné en RD Congo, en Ouganda ou au Soudan du Sud au cours des 21 derniers jours.
Dans les faits, cette mesure ne devrait pas toucher l’effectif congolais de manière directe, puisque tous les joueurs ainsi que le sélectionneur français Sébastien Desabre évoluent hors de la RD Congo. D’après les éléments publiés par bbcafrica.com, le stage de Kinshasa devait aussi prendre une dimension populaire et institutionnelle, avec la présence annoncée de supporters et du président Félix Tshisekedi.
L’épicentre de l’épidémie se trouve dans la province de l’Ituri, à environ 1 800 km de Kinshasa, où aucun cas n’avait encore été signalé au moment des informations publiées. Sur le bilan humain, les chiffres diffèrent encore : l’OMS faisait état de 139 décès présumés sur 600 cas suspects, tandis que le ministre congolais de la Santé, Samuel Roger Kamba, évoquait 159 morts sur la chaîne publique RTNC TV. L’épidémie est attribuée à l’espèce Bundibugyo du virus Ebola, pour laquelle aucun vaccin n’est actuellement disponible.

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