Aux Parcelles Assainies, on le croise souvent sur l’esplanade de la mairie, où il dirige des séances de fitness d’une intensité redoutée. Mais derrière cette silhouette familière des trottoirs dakarois se cache une trajectoire marquée par la résilience. Partagé entre ses fonctions administratives et sa passion pour le sport, ce natif de Bignona vient de concrétiser une ascension remarquable au sein de la hiérarchie arbitrale sénégalaise.
L’histoire de Moussa Bâ Diémé est celle d’un refus de l’échec. Agent à la division Pédagogie de l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane (Un-Chk), cet homme de 33 ans mène une double vie exigeante. Le jour, il gère des dossiers universitaires ; le soir, il endosse son costume de coach sportif au club communal. Pourtant, c’est sur les terrains de football, sifflet ou drapeau en main, qu’il vient de signer sa performance la plus significative.
Selon les informations rapportées par notre confrère *Le Soleil Sports*, Moussa Bâ Diémé est sorti major de sa promotion au grade d’arbitre de ligne national en mars dernier. Une distinction validée par la Commission centrale des arbitres (CCA), qui récompense un parcours loin d’être linéaire. Le média *Bignona TV* souligne d’ailleurs son « professionnalisme » et son engagement envers « l’amélioration continue du corps arbitral ».
Cette réussite contraste avec les débuts scolaires difficiles du jeune homme. À Ébinkine, son village natal dans le département de Bignona, il échoue lors de sa première tentative à l’entrée en sixième. Plus tard, le baccalauréat lui résiste également une première fois. Il lui faudra s’exiler un temps à Bambey, sous l’aile d’un frère enseignant, puis revenir à Djiniaky pour finalement décrocher ses diplômes universitaires en 2013.
« J’estime qu’il faut toujours se donner à fond dans tout ce que l’on fait », confie l’intéressé, qui s’est essayé à l’athlétisme et au football avant de trouver sa voie dans l’arbitrage. Aujourd’hui rattaché à la sous-CRA de Bignona, il ne cache pas ses ambitions internationales.
Pour gravir les échelons, le nouveau major s’inspire d’une figure locale tutélaire : Malang Diédhiou. L’ancien arbitre international, lui aussi originaire de la commune de Djinaky, fait office de boussole. « C’est un exemple pour moi. Son parcours me pousse à me surpasser », assure Moussa Bâ Diémé. Son objectif est désormais clair : officier un jour en Coupe d’Afrique ou en Coupe du Monde, marchant ainsi dans les pas de ses références que sont Badara Diatta ou Issa Sy.
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