C’est une trajectoire qui force le respect par sa régularité statistique. Alors que le football féminin sénégalais poursuit sa structuration, une figure s’impose dans les surfaces de réparation depuis trois saisons. Arrivée de Mauritanie avec l’étiquette d’espoir, Tacko Diabira a transformé les promesses en une hégémonie chiffrée sous les couleurs des Aigles de la Médina. Mais derrière cette réussite locale se cache une ambition internationale très ciblée, révélée à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.
Dans un entretien accordé à nos confrères de *DS Sports*, l’attaquante mauritanienne est revenue sur son parcours, jalonné de succès comptables mais aussi d’épreuves personnelles qui ont forgé son caractère.
**Une machine à buts qui a failli s’enrayer**
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Meilleure buteuse de l’élite sénégalaise en 2024 avec 16 réalisations, co-meilleure buteuse en 2025 avec 11 unités, Tacko Diabira maintient la cadence cette saison avec déjà 8 buts au compteur. Une constance qui masque pourtant une période de doute intense vécue lors de son passage à Dakar Sacré-Cœur.
Après une intégration réussie au Sénégal, facilitée par la proximité linguistique, la troisième année au sein du club dakarois a marqué un coup d’arrêt. « La coach ne me faisait pas jouer, je ne sais pas pourquoi », confie-t-elle à la source citée. Une mise à l’écart qui a profondément entamé sa confiance à l’époque, avant qu’elle ne rebondisse de manière spectaculaire avec les Aigles de la Médina.
**L’Europe : un échec digéré et une cible prestigieuse**
Si elle domine le championnat local, l’attaquante n’a pas encore réussi à exporter ses talents sur le Vieux Continent. Elle révèle avoir effectué des tests l’année dernière à Thonon Évian, en deuxième division française, sans que cela n’aboutisse à une signature. « Ça n’a pas marché », admet-elle avec lucidité, précisant n’avoir reçu aucune proposition concrète malgré des touches informelles.
Cet échec en D2 n’a cependant pas revu ses ambitions à la baisse. Au contraire, Diabira nourrit un rêve précis, presque démesuré au regard de son parcours actuel. Interrogée sur le scénario idéal de son dernier match professionnel, elle ne cite pas un retour en Mauritanie ou une fin de carrière au Sénégal, mais désigne une institution mondiale : le Paris Saint-Germain.
« C’est le club de mes rêves, mon club de cœur », affirme l’internationale mauritanienne, qui espère « faire ses adieux devant des milliers de supporters » dans la capitale française. Un objectif élevé pour celle qui a débuté le football en jouant avec les garçons de son quartier en Mauritanie, soutenue par un père qui lui achetait ses premiers équipements alors que sa mère redoutait les contacts physiques du jeu.
En attendant d’attirer l’attention du géant parisien, Tacko Diabira se concentre sur un objectif plus immédiat et pragmatique : inscrire les trois buts manquants pour égaler son total de la saison passée et conserver sa couronne de reine des buteuses au Sénégal.

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