C’est un changement de paradigme que les observateurs du football business attendaient depuis des années, souvent qualifié de « Premflix » dans les couloirs des grandes instances. La Premier League, championnat le plus puissant et le plus regardé au monde, s’apprête à contourner les diffuseurs traditionnels pour vendre ses matchs directement aux téléspectateurs.
L’annonce a été officialisée ce jeudi à Londres par Richard Masters, le directeur général de la ligue, lors du Sommet du football business organisé par le Financial Times. Pour la première fois de son histoire, l’instance ne se contentera pas de vendre ses droits à des tiers comme Sky Sports, NBC ou les diffuseurs internationaux, mais gérera elle-même la relation client.
**Singapour comme laboratoire mondial**
Si le projet a une vocation globale à terme, la Premier League a choisi une approche prudente. Selon les informations rapportées par PLZ Soccer, c’est Singapour qui a été désigné comme le territoire pilote pour ce lancement prévu dès la saison prochaine. La plateforme, officiellement baptisée « Premier League Plus », sera l’unique moyen pour les fans locaux d’accéder aux rencontres, sans passer par un bouquet satellite ou câblé tiers.
« Nous passons au direct-to-consumer à Singapour. C’est un processus très long, réfléchi et soigneusement choisi », a expliqué Richard Masters. Ce lancement coïncidera avec l’ouverture d’un nouveau centre de production, les Premier League Studios, situés à l’Olympia de Londres.
**Un test avant une possible généralisation**
L’enjeu dépasse largement les frontières de la cité-État asiatique. Pour la direction du championnat anglais, il s’agit d’une expérimentation grandeur nature visant à récupérer la totalité de la valeur générée par son produit. Richard Masters ne cache pas que ce modèle est destiné à être étudié pour une expansion internationale.
« Nous cherchons à apprendre, pour voir comment cela pourrait être reproduit partout dans le monde », a précisé le dirigeant. « Pour la première fois, la Premier League aura ses propres clients. Elle devra gérer la promotion, la tarification, le taux de désabonnement, la distribution… nous cherchons à construire une entreprise. »
Cette stratégie aligne le football anglais sur les modèles déjà adoptés par les grandes ligues nord-américaines comme la NFL, la NBA ou la MLB, qui disposent toutes de leurs propres services de streaming. Si l’expérience à Singapour s’avère concluante, le modèle de distribution des droits TV du championnat le plus populaire d’Afrique pourrait connaître une mutation profonde dans les années à venir.


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