Le paysage du football sénégalais se redessine année après année, voyant émerger de nouvelles antagonismes passionnés dans la banlieue dakaroise. Pourtant, malgré cette redistribution des cartes médiatiques, certaines confrontations conservent une aura indélébile. Ce dimanche, le stade Aline Sitoé Diatta s’apprête à vibrer pour la 14e journée de Ligue 1, théâtre d’une opposition qui dépasse le simple cadre comptable. Le Casa Sports reçoit le Jaraaf de Dakar dans un contexte où le poids de l’histoire se mêle aux impératifs sportifs immédiats.
Si les affiches comme Pikine–Guédiawaye ou Teungueth FC–Ajel captent désormais une part importante de la lumière, ce duel entre le club de Ziguinchor et celui de la Médina reste, pour les puristes, le véritable « Clasico » du pays. Selon nos informations, relayées par DS Sports, l’engouement n’atteint peut-être plus les sommets observés lors de la finale de la Coupe de la Ligue 2010 ou de la Coupe du Sénégal 2013, mais l’enjeu sportif demeure intact. Les hommes de Balla Djiba abordent cette rencontre avec le statut de forteresse quasi imprenable.
Actuellement troisièmes au classement, les Ziguinchorois affichent une santé de fer sur leurs terres. Les statistiques sont éloquentes : cinq victoires et un match nul en six réceptions, pour douze buts inscrits et seulement deux encaissés. Cette solidité à domicile contraste avec le parcours plus laborieux du Jaraaf, septième du championnat, qui peine à imposer sa loi loin de ses bases (deux victoires, trois nuls et une défaite). Pour le Casa Sports, l’objectif est clair : maintenir cette cadence pour espérer décrocher un nouveau titre de champion en 2026, après les sacres de 2012 et 2022.
Cette rencontre est aussi l’occasion de raviver la mémoire d’une date fondatrice. Le 8 juillet 1979, le Casa Sports écrivait la première ligne de sa légende face à ce même adversaire. Ce jour-là, lors d’une finale de Coupe du Sénégal disputée au stade Demba Diop, Bassirou Ndiaye avait plié le match en cinq minutes. Disparu le 17 juillet 2022, le numéro 10 emblématique avait frappé aux 74e et 78e minutes, offrant au club son premier trophée national après l’humiliation subie en 1962 face à la Jeanne d’Arc (1-6).
Demba Ramata Ndiaye, capitaine de l’époque, se remémorait cet instant décisif : « Sur le premier but, Jules Bocandé venait de subir une charge. Il m’a demandé de jouer vite, parce qu’il n’était pas blessé et que les attaquants attendaient. » Une transmission rapide, une frappe de Bassirou, et l’histoire basculait. Ce dimanche, c’est avec cet héritage en tête que les joueurs du Casa tenteront de rejoindre le cercle fermé des clubs les plus titrés de l’ère moderne, aux côtés de Génération Foot et du Jaraaf.
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