Thomas Partey et le Canada : pourquoi son recours pour entrer au Mondial a échoué

Le Ghana devait lancer sa campagne mondiale avec l’un de ses cadres au milieu, mais Thomas Partey est resté à l’écart après le rejet de son recours d’urgence par la justice canadienne dans le dossier de son visa.

Un avocat canadien spécialisé en immigration et en droit des réfugiés, Adam B. Sadinsky, a expliqué que le cadre juridique local laissait très peu d’ouverture au joueur ghanéen. Dans des propos rapportés par L’expert et relayés par Africafoot, il rappelle qu’au Canada, une condamnation pénale n’est pas indispensable pour refuser l’entrée à un ressortissant étranger. Il suffit, selon lui, que les autorités estiment disposer de « motifs raisonnables » de croire qu’un acte a été commis et qu’il pourrait, s’il avait eu lieu au Canada, être passible d’une peine de dix ans de prison ou plus.

Le juriste estime aussi que beaucoup d’observateurs ont mal interprété les critères retenus dans ce type de procédure. Il ajoute que l’importante couverture médiatique au Royaume-Uni autour des allégations visant Thomas Partey rendait la bataille judiciaire particulièrement compliquée dès le départ. Sadinsky s’est également arrêté sur la demande de visa elle-même : d’après son analyse, la Fédération ghanéenne de football aurait déposé le dossier au nom du joueur et répondu négativement à une question sur d’éventuelles accusations pénales.

Pour l’avocat, ce point ne retire toutefois rien à la responsabilité du demandeur, puisque chaque personne sollicitant un visa pour le Canada doit répondre elle-même de l’exactitude des informations fournies. Il souligne enfin que les tribunaux canadiens disposent de pouvoirs limités dans ce genre d’affaires, ce qui réduisait encore les chances de succès du recours présenté en urgence. Sadinsky n’exclut pas, en revanche, une évolution du dossier dans les semaines à venir, avec la possibilité d’un travail institutionnel ou politique mené par le gouvernement canadien, la Fédération ghanéenne de football ou la FIFA.

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