Trois chocs remportés et un trophée mensuel : l’approche « minimaliste » qui a transformé le visage de Manchester United en quelques semaines

Arrivé dans l’urgence pour succéder à Ruben Amorim treize jours seulement après le début de l’année, Michael Carrick n’a pas tardé à imprimer sa marque. Désigné entraîneur du mois de janvier en Premier League, l’intérimaire affiche un bilan comptable qui force le respect : des victoires de prestige face à Manchester City et Arsenal, un succès contre Fulham, et un unique accroc concédé face à West Ham sur un but tardif de Benjamin Sesko.

Mais au-delà des résultats bruts, c’est la méthode employée pour redresser la barre qui interpelle les observateurs. Andy Townsend, ancien milieu d’Aston Villa, a analysé pour *Complete Sports* les ressorts de cette transformation express. Loin des révolutions tactiques complexes, la réussite actuelle de Manchester United reposerait sur une gestion à contre-courant des standards modernes : la stabilité absolue.

**La fin du turnover comme principe directeur**

Là où de nombreux techniciens multiplient les rotations pour gérer les organismes, Carrick a pris le parti de figer son onze de départ. Une décision « très directe », illustrée notamment par le maintien systématique de Kobbie Mainoo dans l’entrejeu. Pour Townsend, cette simplicité est la clé de la série en cours.

« Il a aligné des équipes inchangées et ce n’est jamais une mauvaise chose », explique le consultant. « Si vous avez une équipe qui gagne, ne la changez pas. Trop d’entraîneurs font tourner alors que leur équipe est sur une bonne dynamique. Tout d’un coup, ils donnent un match à tel ou tel joueur… Mais quand vous tenez une équipe qui gagne et qui semble prendre du plaisir, il faut continuer. Il faut vivre l’instant présent. »

**Une gestion « discrète » assumée**

Cette approche se traduit également par une attitude sur le banc et au centre d’entraînement que Townsend qualifie de « discrète ». L’ancien international irlandais décrit un manager qui s’éloigne volontairement de la micro-gestion tactique excessive.

« Il n’a pas besoin de s’asseoir avec un tableau tactique pour déplacer des petits disques », image Townsend. « Il ne crie pas sur tous les toits. Il y a une simplicité et une efficacité dans ce que fait Michael. »

Cette liberté laissée aux joueurs, particulièrement dans les zones offensives, semble avoir libéré les énergies créatives d’un effectif qui paraissait bridé. Sans promettre la lune, l’intérimaire a simplement autorisé plus de spontanéité. Une recette qui, pour l’heure, permet aux Red Devils d’enchaîner cinq matchs sans défaite et de se relancer complètement dans la course aux places européennes.

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