Ademola Lookman évolue désormais sous les couleurs de l’Atlético de Madrid, mais l’été de l’international nigérian aurait pu prendre une tout autre tournure du côté d’Istanbul. Si le Fenerbahçe a manifesté un intérêt concret et insistant pour l’attaquant, les négociations avec l’Atalanta Bergame se sont brutalement arrêtées. Loin d’un désaccord sur le montant du transfert ou le salaire du joueur, c’est une exigence procédurale spécifique du club italien qui a provoqué la rupture diplomatique entre les deux institutions.
Le vice-président du club turc, Murat Salar, est revenu en détail sur cet épisode via le média Complete Sports. Selon le dirigeant, le transfert a capoté lorsque la direction de l’Atalanta a exigé une « lettre de garantie » bancaire pour valider la transaction. Cette demande, pourtant courante dans certaines juridictions, a été perçue comme un manque de respect flagrant par l’état-major du Fenerbahçe.
Une question d’honneur institutionnel
Pour le géant de la Super Lig, accepter cette condition revenait à remettre en cause sa solvabilité et son histoire. « J’étais impliqué dans le processus de transfert de Lookman. L’Atalanta a demandé une lettre de garantie. Le Fenerbahçe n’a jamais, dans son histoire, donné ou reçu une telle lettre. Ce n’est pas une pratique chez nous. Nous avons considéré cela comme une insulte », a tranché Murat Salar sur la chaîne de télévision du club.
Le dirigeant a insisté sur le pedigree de son institution pour justifier ce refus catégorique : « Nous avons demandé : quelle banque a une meilleure réputation que le Fenerbahçe, vieux de 120 ans ? La réputation du club vaut plus que ce bout de papier. »
Le précédent des grands clubs européens
Pour appuyer sa position, la direction stambouliote a rappelé à ses homologues italiens ses récents mouvements sur le marché des transferts. Le club a notamment traité avec des entités comme Manchester United et le Paris Saint-Germain sans jamais avoir à fournir ce type de document financier. « Nous n’avons donné de lettre de garantie à aucun d’entre eux », précise Murat Salar.
Au-delà de l’orgueil, le Fenerbahçe craignait de créer un précédent dangereux pour l’ensemble du football turc. Selon nos sources relayant les propos du dirigeant, accepter cette demande aurait pu ériger une « barrière » pour toutes les autres équipes de Super Lig lors de futures négociations avec des clubs de Serie A. Murat Salar note d’ailleurs l’incohérence de la demande, soulignant qu’un autre club italien, la Lazio, n’impose pas de telles conditions.
Malgré la volonté de recruter le vice-champion d’Afrique et d’avoir « repoussé les limites » financières pour l’attirer, le Fenerbahçe a préféré abandonner la piste Ademola Lookman plutôt que de céder sur ce principe. L’attaquant a finalement rejoint la Liga espagnole, laissant les Canaris sur leur faim mais droits dans leurs bottes.
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